Commerce Animaux de Compagnie | Fondation Brigitte Bardot

Commerce Animaux de Compagnie

Avec plus de 8 millions de chiens et 9 millions de chats, la France est le pays d’Europe qui compte le plus grand nombre d’animaux domestiques. Un véritable marché s’est créé autour de l’animal-objet acheté, utilisé puis, trop souvent, abandonné…

On estime à 1 million le nombre de chiots cédés par an en France, chiffre qui attise les convoitises des professionnels mais aussi des particuliers (près de 3 chiots sur 4 seraient vendus par des réseaux non professionnels, réseau de petites annonces notamment). La commercialisation de chiots connaît une nette progression dans les jardineries et les animaleries sous enseigne. Les achats « coup de cœur » se multiplient, ils sont encouragés par la présence de rayons animaux dans des galeries marchandes et par les facilités de paiement proposées aux acheteurs.

Ces conditions ne favorisent ni la réflexion, ni la prise en compte des contraintes et obligations liées à la possession d’un animal de compagnie, ces conditions favorisent l’abandon !

Nouveaux Animaux de Compagnie

Outre le commerce des chiens et des chats, la mode des NAC révèle l’intérêt croissant des particuliers pour les animaux exotiques. Ce commerce lucratif touche tous types d’animaux (rongeurs, serpents, reptiles ou araignées) et encourage le trafic d’espèces protégées pourtant interdites à la vente. En outre, les espèces introduites représentent des risques sanitaires réels et une menace pour la faune locale lorsqu’elles sont relâchées dans la nature (la tortue de Floride s’est substituée à la cistude d’Europe).

La surpopulation des chats et chiens en France provoque directement la saturation des refuges et l’euthanasie massive des animaux. Il est donc impératif de réglementer ce commerce (en interdisant les importations de chiots et chattons notamment) et en contrôlant la reproduction des animaux par une incitation à la stérilisation.

Attentes de la Fondation Brigitte Bardot

Afin de contrôler strictement le commerce des animaux de compagnie et d’enrayer les abandons qui en découlent, la Fondation Brigitte Bardot demande :

  • L’interdiction d’exposer des animaux en animalerie (exemple de la Belgique),
  • de n’autoriser que les élevages LOF, non multi-races, en imposant un quota de reproduction limité à une portée/an par femelle reproductrice,
  • l’interdiction d’importer, pour la vente, des animaux de compagnie,
  • l’interdiction de commercialiser des animaux exotiques (NAC),
  • l’interdiction de la vente d’animaux par petites annonces,
  • la mise en place d’une campagne nationale de stérilisation des animaux de compagnie.

 

Réponses des candidats

Nicolas Sarkozy

UMP (réponses données le 10 Avril)

pour lutter contre l’abandon, en 2011, nous avons aligné les dispositions relatives à l’identification obligatoire des chats sur celles des chiens. Tous les chats nés à partir du 1er janvier 2012 devront être identifiés avant l’âge de sept mois pour permettre de retrouver leurs propriétaires en cas d’abandon ou de perte.

S’agissant de la gestion des colonies de chats dans les lieux publics, le code rural permet déjà au maire d’instaurer, s’il le souhaite, des campagnes de capture, stérilisation, identification, et relâcher des chats dits « libres » dans sa commune. Cette gestion est également destinée à prendre soin des animaux. Il s’agit, en l’occurrence, d’une politique publique décentralisée dans le cadre des pouvoirs de police des maires qui agissent en fonction de ce qu’ils estiment nécessaire pour leurs communes et compatible avec les impératifs sanitaires liés à la présence de chats dans les lieux publics.

 

François Hollande

Parti Socialiste (réponses données le 6 Avril)

Sur le sujet des trafics d’animaux, le parti socialiste a toujours eu une position claire. Dès 2002, le groupe socialiste à l’Assemblée nationale a déposé une proposition de loi visant à interdire la commercialisation des peaux de chiens et de chats. Malheureusement, cette proposition de loi n’a jamais été votée et il a fallu attendre 2006 pour qu’un arrêté interdise leur introduction, importation et commercialisation en France. Aussi je me réjouis de l’interdiction stricte et totale du commerce de fourrures de chiens et de chats dans l’Union européenne depuis 2007.

La législation, grâce à vos efforts, a donc évoluée. Ce n’est pas pour autant qu’il faut s’arrêter là car, comme vous le soulignez, de nombreux trafics d’animaux existent encore. Si je ne suis pas pour l’interdiction de l’importation d’animaux, qui risquerait de renforcer les filières illégales plus que de les supprimer, je suis pour un renforcement des contrôles en France, dans les animaleries mais également au niveau des frontières de l’Union européenne.

 

Nicolas Dupont-Aignan

Debout la République ( réponses données le 22 Mars)

- L’interdiction d’exposer des animaux en animalerie (exemple de la Belgique), Oui, parce que ces expositions arrachent le plus souvent prématurément des jeunes à leur fratrie et se passent dans des conditions d'hygiène et de confort insuffisantes.

- n’autoriser que les élevages LOF, non multi-races, en imposant un quota de reproduction limité à une portée/an par femelle reproductrice, Oui, afin de lutter contre les élevages sauvages et les trafics au noir qui permettent tous les abus. Il y a beaucoup trop d’animaux abandonnés, c’est pourquoi ma conviction est qu’il faut privilégier l’adoption sur l’acquisition. A Yerres, tous les ans, nous organisons une grande journée de l’adoption.

- l’interdiction d’importer, pour la vente, des animaux de compagnie, Oui, dans la mesure où les populations françaises seraient insuffisantes pour répondre à la demande intérieure et où les conditions sanitaires des animaux importés ne répondraient pas à des exigences au moins égales aux nôtres.

- l’interdiction de commercialiser des animaux exotiques (NAC), Oui, car ces animaux ne peuvent qu’être malheureux dans des environnements trop éloignés de leur milieu d’origine.

- l’interdiction de la vente d’animaux par petites annonces, Oui, dans la mesure où cette vente par petites annonces constituerait un commerce illicite, en particulier s'agissant d'animaux dont les qualités ne seraient pas formellement établies. Concernant les achats opérés par des centres commerciaux et des commerces non spécifiquement consacrés aux animaux, je serais favorable, en parallèle, à des contrôles sanitaires plus réguliers et plus fermes destinés à s'assurer du bon traitement des animaux.

- la mise en place d’une campagne nationale de stérilisation des animaux de compagnie. Oui, pour éviter les innombrables abandons et les euthanasies qui en résultent trop souvent dans les fourrières. A Yerres, mon équipe municipale et moi avons tenu à ce que soit organisée tous les ans une campagne de stérilisation en partenariat avec une association féline.

 

Marine Le Pen

Front National ( réponses données le 17 Mars)

- L’interdiction d’exposer des animaux en animalerie (exemple de la Belgique), Oui

- n’autoriser que les élevages LOF, non multi-races, en imposant un quota de reproduction limité à une portée/an par femelle reproductrice, Oui

- l’interdiction d’importer, pour la vente, des animaux de compagnie, Oui

- l’interdiction de commercialiser des animaux exotiques (NAC), Oui

- l’interdiction de la vente d’animaux par petites annonces, Oui

- la mise en place d’une campagne nationale de stérilisation des animaux de compagnie. Oui

 

Nathalie Arthaud

Lutte Ouvrière ( réponses données le 13 Mars)

(Note de la FBB la lettre reçue n’apportant pas une réponse, point par point, à notre questionnaire, nous reprenons les extraits en rapport avec chaque thème de la page – Pas de point spécifique « animaux de compagnie »)

Je tiens tout d’abord à vous dire que le sort réservé aux animaux qu’ils soient sauvages, domestiques ou d’élevage, ne me laisse pas indifférente. Mais je pense qu’il est la conséquence directe du fonctionnement de l’économie capitaliste.

Le développement industriel dans le cadre capitaliste saccage la nature. Parce qu’il ne s’inquiète pas des conséquences éventuelles de ses agissements - en ne voyant pas plus loin que les gros comptes en banque - mais aussi parce qu’il traite les richesses naturelles comme des valeurs marchandes bonnes à créer du profit. Et le monde animal fait partie de ces richesses de la nature.

Cette société, incapable de supprimer la cruauté et la rapacité de l’exploitation pour les hommes et les femmes à travers le monde est fondamentalement incapable de le faire pour les animaux, même si l’intervention des associations de défense des animaux arrive à freiner les excès les plus visibles.

C’est pourquoi le choix militant que j’ai fait est de combattre ce mode de fonctionnement capitaliste capable d’engendrer tant de monstruosités. C’est le sens de mon engagement politique fondamental.

Je suis convaincue que c’est en se mobilisant pour contrôler et changer ce système-là que l’on pourra faire reculer toutes les souffrances, y compris animales.

Bien sûr, si parmi des mesures venant en discussion, certaines peuvent améliorer la condition animale, c’est bien volontiers que nous je les soutiens à défaut de les voter puisque je ne suis pas élue au parlement.»

imprimer

Partager