Elevage Animaux Ferme | Fondation Brigitte Bardot

Elevage Animaux Ferme

Ces cinquante dernières années, l’agriculture a connu une mutation sans précédent, une industrialisation à outrance qui, en passant de l’élevage extensif à l’élevage intensif, a eu un impact catastrophique tant sur le plan du « bien-être » animal, que de l’environnement, de la santé publique et de la filière agricole elle-même.

Nous sommes aujourd’hui dans un marché de surproduction (qui entraîne la faillite de nombreux agriculteurs) où l’animal est un produit, la rentabilité le seul objectif. La Fondation Brigitte Bardot demande une révision globale de la politique agricole pour un retour à une production à dimension humaine, une aide au développement des élevages extensifs dans des zones rurales désertées, des normes qui prennent enfin en compte les besoins physiologiques des différentes espèces animales élevées.

Seule une volonté politique réelle pourra amener aux changements tant attendus. Selon le Code rural (Art. L214-1) : « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce », l’élevage intensif ne répond pas à cette exigence : Batteries de cages (poules pondeuses, lapins), mutilations (porcelets, poulets…), privation de lumière naturelle, etc. sont autant de conditions incompatibles avec les impératifs biologiques des espèces élevées pour la consommation.

La France, 1er producteur mondial de foie gras (75 % de la production mondiale avec près de 30 millions de palmipèdes gavés chaque année), ne respecte pas l’interdiction d’utiliser des cages individuelles pour le gavage des canards comme elle s’y était engagée, en 1999, auprès du Conseil de l’Europe. Ces cages compriment les canards et les empêchent de se retourner, de se lever, d’étendre leurs ailes. Le palmipède est alors gavé de force, plusieurs fois par jour, au moyen d’un tube métallique enfoncé dans la gorge jusqu’à l’estomac. Il doit ingérer en quelques secondes une telle quantité nourriture déséquilibrée que son foie finit par atteindre presque dix fois sa taille et développe une maladie : la stéatose hépatique. Leur foie hypertrophié élargit l’abdomen et compresse les poumons. Le déséquilibre engendré au niveau des pattes provoque souvent des fractures. Les oiseaux sont moribonds en fin de gavage, et plus d’un million meurent d’avoir été suralimentés.

Attentes de la Fondation Brigitte Bardot

« Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce » (Art. L214-1 du Code rural), la Fondation Brigitte Bardot demande :

  • La mise en place d’une politique agricole visant à développer l’élevage extensif des animaux, avec parcours extérieurs,
  • l’interdiction des mutilations (coupe des dents, de la queue et castration des porcelets, débecquage des poules, etc.),
  • l’interdiction des batteries de cages (y compris des cages « aménagées » pour les poules pondeuses),
  • l’interdiction du gavage des palmipèdes,
  • le respect de l’Art. L214-1 du Code rural.

Réponses des candidats

Nicolas Sarkozy

UMP (réponses données le 10 Avril)

la France s’en engagée à respecter ses obligations européennes et a toujours participer activement à leur élaboration. Mais force est de constater qu’au-delà des règles établies, il est indispensable d’œuvrer à la mise en œuvre de dispositifs d’accompagnement. C’est dans cet état d’esprit que le gouvernement s’est engagé en faveur des programmes de soutien des mises aux normes des élevages qui doivent respecter les obligations communautaires dans les délais prescrits. Si la réalité économique doit être prise en compte dans l’applicabilité des règles, notamment la fixation des échéances, l’objectif à atteindre, une fois fixée la réglementation européenne, s’impose à tous.

 

François Hollande

Parti Socialiste ( réponses données le 6 Avril)

Dans mes 60 engagements pour la France, j’ai dit que j’encouragerai la promotion de nouveaux modèles de production et d’agriculture biologique. Il est en effet impératif de développer une agriculture durable respectueuse des hommes et du monde vivant. A ce titre, je m’engage fermement au respect des règles du bien-être animal qui ne doivent pas être considérées comme des contraintes mais comme un atout en matière sanitaire. Ces nouveaux modes de production sont les garants de la qualité des produits dont souhaitent bénéficier les consommateurs, mais également du respect des animaux à tous les stades, de l’élevage jusqu’à l’abattage, en passant par le transport.

 

Nicolas Dupont-Aignan

Debout la République ( réponses données le 22 Mars)

- La mise en place d’une politique agricole visant à développer l’élevage extensif des animaux, avec parcours extérieurs, Oui. J'y suis d'autant plus favorable que je pense que le choix en matière d’élevage industriel est d’abord un choix en matière d’agriculture : voulons-nous une agriculture intensive sur le modèle de ce qui a pu être fait en Grande Bretagne et qui a conduit au scandale de la vache folle ou voulons-nous une agriculture faite de petites exploitations sur le modèle de ce que nous avons toujours eu France ? Je fais le choix d’une agriculture faite de petites exploitations, respectueuses de l’environnement et du terroir. Aussi, je suis favorable à une profonde réforme de la PAC dont le seul but aujourd’hui est de conduire au regroupement forcé des exploitants agricoles. Je suis par ailleurs favorable à ce que les politiques publiques encouragent la production bio.

- l’interdiction des mutilations (coupe des dents, de la queue et castration des porcelets, débecquage des poules, etc.), Je pense qu'il faudra effectivement travailler à cela, de manière à ce que l'article L214-1 du Code rural soit enfin respecté. Mais cela devra se faire en concertation avec tous les acteurs des filières impactées.

- l’interdiction des batteries de cages (y compris des cages « aménagées » pour les poules pondeuses), Même réponse que précédemment. Je crois nécessaire d'aller vers un autre modèle d'agriculture, plus respectueux de l'ensemble de notre écosystème, animaux compris.

- l’interdiction du gavage des palmipèdes, Là encore, il faudra réfléchir avec tous les acteurs des filières concernées, de manière à trouver ensemble la solution permettant le mieux de minimiser la souffrance animale sans pour autant déséquilibrer un secteur stratégique pour la gastronomie française. Les oies doivent faire l'objet d'attentions particulières. A Yerres, la ville dont je suis Maire, nous avons mis en place un régime de protection particulier pour les oies sauvages (signalétique spéciale visant à les protéger, etc.).

- le respect de l’Art. L214-1 du Code rural « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce ». Oui, les pouvoirs publics devant sans cesse inciter les industriels du secteur à faire évoluer leurs méthodes, de manière à porter toujours plus haut le respect de la double exigence de la minimisation de la souffrance animale avec celle d'une activité économique satisfaisante. Les industriels n'ont que trop tendance à faire les choix les plus faciles et économiques pour eux, sans considération pour la souffrance animale. Il revient aux agents de l'Etat de les pousser à faire plus, à investir dans la recherche pour faire progresser leurs manières de faire.

 

Marine Le Pen

Front National ( réponses données le 17 Mars)

- La mise en place d’une politique agricole visant à développer l’élevage extensif des animaux, avec parcours extérieurs, Oui

- l’interdiction des mutilations (coupe des dents, de la queue et castration des porcelets, débecquage des poules, etc.), Oui

- l’interdiction des batteries de cages (y compris des cages « aménagées » pour les poules pondeuses), Oui

- l’interdiction du gavage des palmipèdes, Non (cause économique)

- le respect de l’Art. L214-1 du Code rural « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce ». Oui

 

Nathalie Arthaud

Lutte Ouvrière( réponses données le 13 Mars)

(Note de la FBB : la lettre reçue n’apportant pas une réponse, point par point, à notre questionnaire, nous reprenons les extraits en rapport avec chaque thème de la page)

« Je pense comme vous qu’il n’y a aucune raison rationnelle d’imposer aux animaux d’élevage des souffrances inutiles. Il serait possible de supprimer les conditions scandaleuses d’élevage ou d’abattage (scandaleuses aussi bien pour les animaux que pour les hommes et femmes  qui y travaillent) si le moteur de ces élevages et abattoirs intensifs n’était pas la course au profit à n’importe quel prix. Il en est de même pour ce qui concerne tous les trafics d’animaux de compagnie, de fourrures. Et une économie où la motivation principale est la recherche du profit privé est une économie irrationnelle et cruelle. »

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