Expérimentation Animale | Fondation Brigitte Bardot

Expérimentation Animale

Dans le droit français et européen, les expériences menées sur des animaux ne sont licites que si « elles revêtent un caractère de nécessité et que ne puissent utilement y être substituées d’autres méthodes expérimentales » (Art. R. 214-87 du Code Rural). Pourtant, et malgré le développement de méthodes substitutives, les tests sur animaux se multiplient, particulièrement en France où plus de 2 millions d’animaux sont utilisés chaque année en expérimentation (plus de 12 millions au sein de l’Union européenne).

Le programme européen REACH, sur les produits chimiques, entraînera pour sa part une hausse du nombre d’expérimentations menées sur les animaux estimée à 8% pendant 17 ans, soit 16 millions d’animaux sacrifiés pour tester 30 000 substances chimiques mises sur le marché avant 1981 (90% de ces animaux seront utilisés pour étudier des effets secondaires sur la reproduction).

A noter que la seule avancée significative concerne l’interdiction des tests sur animaux pour les cosmétiques (secteur qui utilise de nombreux produits chimiques). L’obligation de respecter un calendrier, fixé par la directive 2003/15/CE, a poussé les industriels à recourir à des tests alternatifs, démontrant au passage leur capacité de trouver d’autres procédés de recherche dès lors qu’ils y sont contraints.

En France, chaque année, 70 000 animaux sont sacrifiés dans l’enseignement et la formation, nombre en forte hausse, puisque sur 5 ans (comparaison statistiques 1999-2004), on note en France une augmentation de... 108,76 % ! De nombreux élèves et étudiants condamnent aujourd’hui ces expérimentations jugées, à la fois, moralement inacceptables et inutiles dans la poursuite de leur cursus scolaire ou dans leur vie professionnelle.

Objection de conscience

C’est un fait, les étudiants de nombreuses filières scientifiques sont contraints à sacrifier des animaux alors qu’ils n’auront jamais à manipuler ou à intervenir sur l’animal durant leur carrière. C’est particulièrement vrai pour les futurs infirmiers, dentistes, médecins, mais aussi chercheurs qui sont nombreux désormais à refuser le modèle animal dans un double souci d’éthique et de pertinence scientifique.

L’enseignement doit prendre en compte les nouvelles orientations prises pour une recherche plus fiable, dont les résultats sont directement transposables à l’homme, basée sur des méthodes substitutives qui rendent, d’ores et déjà, le recours à l’animal inutile et obsolète.

D’où la nécessité de reconnaitre un « droit d’objection de conscience à l’expérimentation animale » (comme cela existe déjà aux Pays-Bas et en Italie notamment) afin de ne pas pénaliser les étudiants qui souhaitent travailler sur des méthodes scientifiques en phase avec l’évolution observée dans les laboratoires de recherche.

Attentes de la Fondation Brigitte Bardot

Parce que l’expérimentation animale provoque la souffrance et la mort de millions d’animaux, que les résultats obtenus ne sont pas transposables à l’homme, la Fondation Brigitte Bardot demande :

  • Le financement d’un institut français de recherche, de développement et de validation des méthodes substitutives à l’expérimentation animale,
  • l’enseignement généralisé de ces méthodes,
  • la reconnaissance d’un droit d’objection de conscience à l’expérimentation animale.

Réponses des candidats

Nicolas Sarkozy

UMP (réponses données le 10 Avril)

les rencontres « animal et sociétés », organisées au printemps 2008 ont conclu que le secteur de l’expérimentation animale pouvais être pris en exemple par d’autres secteurs utilisant les animaux, avec un respect d’une réglementation forte et de principes éthiques. Le public reconnaît le bien-fondé de cette pratique, la nécessité et l’efficacité de la réglementation et exprime sa confiance dans les responsabilités des chercheurs. De plus, j’attire votre attention sur le fait que Nicolas SARKOZY a souhaité, par une directive qui entrera en vigueur le 1er janvier 2013, mettre en œuvre de nouvelles dispositions contribuant à limiter le nombre d’animaux utilisés à des fins expérimentales.

 

François Hollande

Parti Socialiste ( réponses données le 6 Avril)

Je souhaite favoriser toutes les recherches qui permettraient d’éviter d’avoir recours à l’animal comme modèle biologique et soutenir toutes les initiatives des associations. S’il est possible d’obtenir des tests fiables sur la toxicité de produits pour l’homme sans avoir recours à l’animal, alors il faut les promouvoir.

 

 

Nicolas Dupont-Aignan

Debout la République ( réponses données le 22 Mars 2012)

- Le financement d’un institut français de recherche, de développement et de validation des méthodes substitutives à l’expérimentation animale, Oui. Comme député, j'ai voté toutes les propositions de loi visant à réduire au maximum les expérimentations animales. L'article R. 214-87 du Code rural stipulant que les expérimentations animales, pour être licites, doivent revêtir "un caractère de nécessité et que ne puissent utilement y être substituées d’autres méthodes expérimentales", me semble sage. Mais encore faudrait-il, là encore, qu'il soit réellement appliqué, qu'il y ait des contrôles effectifs dans les laboratoires de recherche et qu'il y ait des sanctions exemplaires. Encore faudrait-il, donc, qu'il y ait encore en France un Etat, capable de se faire respecter sur son territoire. Les expérimentations sur des êtres sensibles ne doivent être utilisées qu'en dernier recours, lorsqu'il ne reste plus d'autre choix pour sauver des vies humaines, et dans des conditions strictement limitatives à l'égard de la douleur animale. Ce qui est sûr, c'est qu'il revient à l'Etat d'encourager les méthodes de recherche alternatives, qui permettraient de se passer, à terme, de toute expérimentation sur des animaux. Votre proposition va directement en ce sens, aussi y suis-je très favorable. Il conviendra naturellement de demander aux industriels utilisateurs d'expérimentations animales de contribuer activement à son financement.

- l’enseignement généralisé de ces méthodes, Oui, bien sûr. C'est une mesure complémentaire à la précédente, tout à fait nécessaire. Tout doit être mis en œuvre pour limiter au maximum la souffrance animale, jusqu'à pouvoir l'éviter.

- la reconnaissance d’un droit d’objection de conscience à l’expérimentation animale. Oui. Un homme, sensible à la souffrance d'animaux auxquels il peut toujours pour une part s'identifier, étant lui-même d'abord un animal, peut ne pas supporter moralement d'avoir à mener certaines expérimentations sur d'autres êtres sensibles.

 

 

Marine Le Pen

Front National ( réponses données le 17 Mars)

- Le financement d’un institut français de recherche, de développement et de validation des méthodes substitutives à l’expérimentation animale, Oui

- l’enseignement généralisé de ces méthodes, Oui

- la reconnaissance d’un droit d’objection de conscience à l’expérimentation animale. Oui

 

Nathalie Arthaud

Lutte Ouvrière ( réponses données le 13 Mars)

(Note de la FBB : la lettre reçue n’apportant pas une réponse, point par point, à notre questionnaire, nous reprenons les extraits en rapport avec chaque thème de la page)

« bien que n’étant pas spécialiste en ce qui concerne l’expérimentation animale, je crois que malgré le développement de méthodes substitutives, l’utilisation des animaux à des fins scientifiques reste à l’heure actuelle incontournable. Il est bien entendu nécessaire d’encadrer les conditions de cette pratique, ce qui existe déjà en France et en Europe et j’estime légitime de la part des associations de pouvoir contrôler les conditions d’application de ces réglementations. »

imprimer

Partager