Emmanuel Macron | Fondation Brigitte Bardot

Emmanuel Macron

Ses engagements sur la condition animale

Après d'inquiétantes déclarations durant la campagne électorale (retour des chasses présidentielles, soutien aux élevages intensifs…), analyse des engagements pris par Emmanuel Macron auprès du collectif AnimalPolitique dont fait partie la Fondation Brigitte Bardot :

1) Animaux d’élevage

L’un des engagements forts d’Emmanuel Macron est de "faire disparaître l’élevage en batterie des poules pondeuses au profit des élevages alternatifs. En 2022, les œufs de poules en batterie seront interdits à la vente aux consommateurs". La Fondation Brigitte Bardot milite pour étendre cette interdiction à l’ensemble des espèces élevées en cages (lapins, cailles, visons, etc.).

En ce qui concerne la fin des pratiques d’élevages douloureuses (castration à vif, écornage, gavage…) le Président se dit "pour un réexamen du cadre réglementaire, européen et national". Il est également favorable à "un relèvement des exigences de bien-être animal, notamment en matière de transport" mais n’est pas pour "l’interdiction de l’exportation des animaux vivants hors de l’UE". Pour la FBB, les transports d’animaux doivent être limités à 8 heures (4 heures pour les volailles), au-delà seul le transport des carcasses devrait être autorisé.

Abattoirs

"La vidéosurveillance dans les abattoirs, selon des modalités inspirées de la Proposition de loi Falorni, sera mise en place", Emmanuel Macron reste toutefois très prudent sur l’étourdissement des animaux lors d’un abattage rituel : "le débat doit être respectueux des convictions spirituelles de chacun, il ne doit déboucher sur aucune décision qui les heurterait".

Par ailleurs, Emmanuel Macron annonce un plan de transformation agricole de 5 milliards d’euros sur le quinquennat permettant "les investissements nécessaires à la modernisation des élevages ayant un impact positif sur l’environnement et le bien-être animal."

2) Expérimentation animale

Face à l’ambiguïté de la terminologie "méthode alternative" (qui n’exclue pas le recours à l’animal) le Président est favorable à l’utilisation du terme "méthode de remplacement" qui désigne plus clairement les nouveaux outils de recherche qui n’implique pas le modèle animal.

Dans une interview accordée à Télé-Star, le Président précise qu’il lui apparaît essentiel de "créer un organe indépendant d'accompagnement et de contrôle du développement des méthodes de remplacement", il souhaite également mettre en place des comités d’éthique véritablement indépendants au sein des établissements (d’expérimentation ou de formation).

3) Divertissements et spectacles

Sur ce thème, le Président est peu disert, il ne prend position ni sur l’exploitation des animaux dans les cirques, ni sur les corridas et combats de coqs. Pour Emmanuel Macron "les zoos ont un rôle à jouer dans la préservation des espèces et de l’éducation à la vie animale, dès lors qu’ils évoluent vers des espaces moins entravés, plus proches des conditions de vie et de cohabitation animale dans leurs environnements d’origine".

La Fondation Brigitte Bardot veillera à ce que l’arrêté de Ségolène Royal interdisant, à terme, l’exploitation en France de cétacés captifs ne soit pas remis en cause par le Président qui souhaite "imposer un code de bonne conduite dans les eaux territoriales françaises pour protéger les cétacés libres des perturbations induites par l’observation touristique".

4) Animaux de compagnie

"Je lutterais contre les trafic d'animaux domestiques en renforçant les contrôles douaniers aux frontières pour démanteler les réseaux de trafics illégaux d'animaux de compagnie, en intensifiant les contrôles en animaleries pour sanctionner l'importation illégale d'animaux, notamment en provenance d'Europe de l'Est ou d'Asie", le Président s’engage également à "appuyer l’action des ONG qui œuvrent à la détection d’élevages sauvages d’animaux domestiques où les conditions infligées aux animaux sont insoutenables", il se dit prêt à interdire la cession d’animaux par les particuliers sur les sites marchands et les réseaux sociaux.

5) Faune sauvage

Le Président est favorable à la reconnaissance du statut d’être vivant doué de sensibilité à tout animal sauvage… "sous réserve d’une expertise des implications juridiques plus approfondie".

Emmanuel Macron se dit par ailleurs prêt à "réformer la chasse pour mieux protéger la faune sauvage et favoriser le retour naturel des grands prédateurs".

Réintroduction des ours

Sur ce sujet, Emmanuel Macron est en rupture avec la politique menée par Ségolène Royal puisque le nouveau président soutient "une action volontaire pour la préservation des espèces protégées, la mise en marche des mesures nécessaires pour assurer la meilleure cohabitation possible avec les grands carnivores". Il précise même que parmi ses mesures prioritaires en faveur des animaux l’une est de relancer "les concertations autour de la réintroduction d'ourses dans les Pyrénées".

Pour ce qui est de la préservation globale de la faune sauvage, Emmanuel Macron déclare : "il est essentiel de renforcer la protection des différentes espèces, compte tenu de toutes celles qui se trouvent en risque de disparition accélérée. Nous serons extrêmement rigoureux dans la mise en œuvre effective du plan d'action de l'Union européenne de lutte contre le commerce illégal de faune et de flore sauvage, afin de faire respecter les règles existantes et renforcer le partenariat mondial entre les pays d'origine, de transit et de destination. Par ailleurs nous renforcerons notre soutien à la mise en œuvre d'actions notamment en Afrique et en Asie pour lutter contre le braconnage, le trafic et la demande de produits illégaux d'espèces sauvages."

6) Animal et société

"Dans le cadre d'une amélioration de l'éducation à l'environnement, nous intégrerons aussi plus fortement la connaissance et la sensibilisation à la protection de la faune sauvage dans les programmes scolaires". Le Président est également favorable à rendre obligatoires des formations en éthologie et sur la protection animale pour tous les professionnels en contact avec les animaux ou en charge de leur protection.

Autre point très important, Emmanuel Macron a répondu favorablement à notre demande visant à permettre aux associations de se constituer partie civile pour toutes les infractions concernant les animaux (et pas uniquement à celles relevant du code pénal comme actuellement).

Si pour le Président la création d’un Secrétaire d’Etat à la condition animale "n’est pas la solution", il précise : "je préfère une politique de la condition animale sans secrétariat d’Etat dédié qu’un secrétariat à la condition animale sans politique".

Cinq ans pour passer des promesses aux actes !

Le travail de la Fondation Brigitte Bardot durant ce quinquennat sera, notamment, de rappeler au Président ses engagements et de travailler avec ses collaborateurs afin que tous ces engagements se concrétisent pour faire évoluer la condition animale dans notre pays.

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