Le Conseil d’Etat réinstaure la dissection à l’école ! | Fondation Brigitte Bardot

Le Conseil d’Etat réinstaure la dissection à l’école !

Alors que le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a interdit la dissection pour l’enseignement secondaire (circulaire du 28 novembre 2014), le Conseil d’Etat vient d’annuler cette décision contestée par le Syndicat National des Enseignements de Second degré (SNES).

Dans un communiqué du 11 avril, le SNES se réjouit de cette reculade en prônant la « manipulation du vivant dans l’évident respect de la vie animale »… Rappelons que l’on parle ici d’animaux disséqués (manipulation du vivant ?) après avoir été tués (respect de la vie animale ?) pour d’inutiles expériences qui peuvent être remplacées par des méthodes de substitution (matériaux inertes, vidéos, etc.) bien plus formatrices pour les élèves qui, en grande majorité, n'auront jamais à manipuler d'animaux durant leur carrière professionnelle.

Faut-il rappeler que l'expérimentation animale n'est licite que lorsqu'il n'existe pas de méthodes pouvant s'y substituer ?

En tant que Porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot mais aussi en tant que membre titulaire de la Commission Nationale de l'Expérimentation Animale et du Comité National de Réflexion Ethique sur l'Expérimentation Animale, je dénonce cette décision arbitraire, scandaleuse, prise par le Conseil d’Etat contre l'avis du ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et la Recherche, et en contradiction avec la Directive 2010/63/UE.

Par son Article 5-f, cette directive fixe pourtant clairement le cadre légal de l'expérimentation animale, notamment dans l'enseignement : "Seules sont admises les procédures qui ont pour objet l'enseignement supérieur ou la formation en vue de l'acquisition, de l'entretien ou de l'amélioration de compétences professionnelles".

De fait, les expérimentations dans l'enseignement secondaire ne sont pas admises et la décision prise par les ministères concernés, débattue et approuvée au sein des instances nationales en charge de l'expérimentation animale, est conforme aux exigences communautaires.

La France est le pays de l'Union européenne qui sacrifie le plus d'animaux pour la recherche et l'enseignement, pays rétrograde qui avait déjà tout tenté pour mettre en échec l'interdiction des tests sur animaux pour les cosmétiques.

Par ce choix de revenir sur une décision qui répond à une double obligation, réglementaire et éthique, le Conseil d'Etat fait le jeu des lobbies qui prônent une science sans conscience, refusent toute évolution de la recherche et nient l'évolution pourtant inéluctable de notre rapport à l'animal.

La Fondation Brigitte Bardot est intervenue auprès du Conseil d’Etat pour savoir quelles démarches ont été entreprises auprès des instances nationales en charge de l’expérimentation animale, elle a également demandé la communication des rapports qui ont motivé une décision jugée, à ce stade, arbitraire et injustifiée.

Elle saisit également la Commission européenne pour savoir si la France a effectivement fait une mauvaise interprétation de la directive européenne en bannissant la dissection dans l’enseignement secondaire… Ayant travaillé sur la transposition du texte, j’en doute fortement et la réponse de la Commission pourrait remettre en cause, invalider, la décision du Conseil d’Etat que nous contestons avec la plus grande fermeté.

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