Bulgarie | Fondation Brigitte Bardot
Standy et Boyka avant leur transfert.Photos Mihai Vasile/ Vier Pfoten 2014
Standy et Boyka avant leur transfert.Photos Mihai Vasile/ Vier Pfoten 2014
Monty et Mima, © Vier Pfoten 2015
Monty et Mima, © Vier Pfoten 2015
L'ours et son bourreau
L'ours et son bourreau
Standy et Boyka au sanctuaire.Photos Hristo Vladev, Yavor Gechev/ Vier Pfoten 2015
Standy et Boyka au sanctuaire.Photos Hristo Vladev, Yavor Gechev/ Vier Pfoten 2015
Gosho profite aujourd'hui de la liberté avec ses congénères.
Gosho profite aujourd'hui de la liberté avec ses congénères.
Opération délicate mais libératrice
Opération délicate mais libératrice
Les anneaux de cet ours brun bulgare sont enfin retirés après 19 ans de sévices
Les anneaux de cet ours brun bulgare sont enfin retirés après 19 ans de sévices
Les ours ont enfin trouvé refuge dans le sanctuaire de Belitsa pour une vie plus adaptée.
Les ours ont enfin trouvé refuge dans le sanctuaire de Belitsa pour une vie plus adaptée.

Bulgarie

Ils sont les derniers rescapés d’une tradition cruelle mais autrefois très populaire : celle des montreurs d’ours. Recueillis en Bulgarie, ils réapprennent à vivre dans un endroit magnifique spécialement créé pour eux, le parc de Belitsa, entre forêts et montagnes bulgares..

L’histoire des ours dansants dans la région des Balkans remonte à plusieurs siècles et est directement associée à la culture tzigane. Cette pratique cruelle consiste à faire « danser » un ours brun au son d’un violon et, pour ce faire, l’animal doit endurer un entraînement particulièrement barbare : dès l’âge de 4 mois, l’ourson est placé sur des braises ardentes ou sur des tôles brûlantes pour apprendre à se redresser sur ses pattes arrière. L’animal subit ensuite l’étape de la ferrade vers 1 ou 2 ans : l’ours est plaqué au sol, ses quatre pattes entravées et sa truffe est transpercée à vif pour y placer un anneau de fer. Il faut savoir que la truffe est la partie la plus sensible de l’ours et que les peines qui lui sont infligées sont inimaginables. Parallèlement, ses griffes sont arrachées à l’aide d’une pince sans aucune anesthésie.
Ses dents sont dans certains cas limées et dans d’autres, elles aussi arrachées. L’ours mutilé est ensuite aspergé de vodka puis de cendres brûlantes pour éviter les infections. Le reste de la vie de l’ours n’est que souffrances, infligées par son bourreau qui le bat quotidiennement et par les douleurs insoutenables provenant de ses plaies à vif. Voilà le prix payé par les ours pour amuser les passants en exécutant des « danses » grotesques. Ce sont les danses de la souffrance.

La genèse d’un projet ambitieux

En 1999, face à ce cruel constat, la Fondation Brigitte Bardot décide de lancer une campagne en faveur de la création d’un sanctuaire pour tenter de mettre fin au martyre des ours dansants. La solution ? Leur offrir un havre de paix, un lieu où ils pourront jouir d’une fin de vie heureuse, tout en faisant évoluer la loi bulgare vers une interdiction totale de ces pratiques. Cette même année, Brigitte Bardot intervient auprès du président de la République et du ministre de l’Environnement bulgares et offre son soutien à l’association autrichienne Vier-Pfoten afin de donner vie au projet de création d’un sanctuaire. L’inauguration du parc a lieu en 2000, avec l’arrivée des 3 premiers ours recueillis sur les 11 000 m2 que compte alors le sanctuaire. C’est ainsi que Kalina, Mariana et Stefan sont devenus les premiers résidents du parc des ours dansants de Belitsa. À cette époque, il n’y a pas encore de loi claire qui interdise ces pratiques, et les équipes de notre Fondation, ainsi que celles de Vier-Pfoten doivent se rendre elles-mêmes au domicile de chaque Tzigane et les persuader de nous confier leurs ours.

Une belle victoire

Grâce à nos efforts et au vu du sérieux de notre action et de notre sanctuaire, nous sommes parvenus à faire changer la loi seulement 2 ans plus tard. Le 10 juillet 2002, le parlement bulgare adopte une loi interdisant de chasser, de vendre, d’acheter et d’exhiber devant un public payant l’ours brun. Cette victoire reste, à ce jour, l’une des plus belles de La Fondation Brigitte Bardot. Au fil des années, de plus en plus d’ours sont accueillis au sanctuaire et le manque de place commence à se faire sentir. Mais en 2004, 11 hectares supplémentaires sont mis à disposition par le ministère de l’Environnement bulgare et par la mairie de Belitsa, permettant ainsi de commencer les travaux d’agrandissement L’année 2007 marque le placement des derniers ours dansants de Bulgarie dans notre sanctuaire. Mima, 8 ans, Svetla, 17 ans et Misho, 19 ans referment malgré eux un chapitre sombre de l’histoire de la Bulgarie. La plus belle récompense que les ours pouvaient nous donner ? Entrer en hibernation. Quel bonheur de voir leurs instincts naturels, enfin respectés, reprendre le dessus.

Le combat continue et s’élargit

Aujourd’hui, le parc compte 24 ours, sur une surface totale de 12 hectares, en plein coeur des montagnes bulgares. Une équipe de 7 soigneurs expérimentés ainsi qu’un vétérinaire s’assurent au quotidien du bonheur et de l’équilibre de nos protégés ainsi que de l’entretien du sanctuaire. Même si plus aucun ours dansant n’est en activité en Bulgarie aujourd’hui, d’autres abus sont encore pratiqués sur l’ours brun, principalement dans les zoos, mais aussi chez des particuliers bravant la loi qui, pour la plupart, exercent sans aucune autorisation conforme. Les portes de notre sanctuaire sont depuis lors ouvertes à ces autres ours en souffrance, et nous nous battons aujourd’hui pour les récupérer.

Gosho, un sauvetage exemplaire

Les 20 premières années de la vie de Gosho n’ont été que souffrance et privations (nourri uniquement de pain et de lait). De nombreuses fois par jour, Gosho doit exécuter sa « danse » devant des passants et des touristes ; son maître l’oblige à performer partout, jusque dans les bus et les tramways de la capitale ! Lorsqu’en 2001, Gosho intègre le sanctuaire, il découvre un monde qu’il ne connaît pas. Son adaptation prendra quelques années mais il sait que le pireest derrière lui. Gosho a son caractère et il ne s’entend avec aucun autre mâle du parc ; cependant, une femelle, Mariana, première arrivée au sanctuaire, va réussir à « l’apprivoiser ». 15 ans plus tard, les voici tous deux, jouant en toute décontraction devant nos yeux amusés.

Mima et Monty

En 2010, un jeune ours d'1 an et demi du nom de Monty a été accueilli au sanctuaire en urgence : détenu dans des conditions misérables par un hôtel, il vivait depuis sa naissance dans une cage de 9 m2. Cet ours, issu de la chasse illégale, a été capturé après avoir assisté à l’abattage de sa mère. Aujourd’hui bien grandi Il a la réputation d’être très joueur, voire même un peu trop pour les ours les plus âgés, qui supportent mal son énergie ! Mais aujourd’hui, Monty n’est plus seul dans son enclos. En effet, après plusieurs semaines de mise en contact et d’imprégnation à travers une grille, la femelle Mima a été introduite dans l’enclos de Monty avec succès, en témoigne la vidéo ci dessous !

Monty et Mima à Belitsa

© Vier Pfoten 2015

Standy et Boyka

© Vier Pfoten 2015

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