Urgence pour les éléphants | Fondation Brigitte Bardot
La guerre de l’ivoire finance désormais des réseaux terroristes
La guerre de l’ivoire finance désormais des réseaux terroristes
86 éléphants ont été tués les 14 et 15 mars 2013  par des braconniers dans le sud du Tchad
86 éléphants ont été tués les 14 et 15 mars 2013 par des braconniers dans le sud du Tchad
C’est l’horreur absolue, la honte !
C’est l’horreur absolue, la honte !

Urgence pour les éléphants

Braconnage, criminalité, réseaux terroristes… A ce rythme, l’éléphant d’Afrique aura disparu d’ici 10 ans !

Mi-mars 2013, alors que s’achève la 16ème conférence des parties à la CITES, 89 éléphants, dont 33 femelles gestantes et 15 éléphanteaux, sont massacrés par des braconniers près de la ville de Gamba au sud du Tchad.

Depuis quelques mois, les tueries se multiplient faisant toujours plus de victimes (300 éléphants massacrés en février 2012 au parc national camerounais de Bouba N’Djida), les braconniers armés interviennent rapidement, arrachent les défenses à la hache en abandonnant les éléphanteaux parfois trouvés encore vivants, prostrés, contre le cadavre de leur mère.

Nouveau plan d’action

A Bangkok, lors de la CITES, un plan d’action pour l’éléphant d’Afrique a été adopté qui impose aux pays où des stocks d’ivoire sont saisis (Chine et Thaïlande notamment), de procéder à des tests ADN afin de retracer l’origine de l’ivoire et les populations d’éléphants braconnées… Toutefois, ces mesures sont très insuffisantes, inappropriées, face à l’urgence d’une intervention de terrain pour assurer la protection des derniers troupeaux d’éléphants.

Il resterait entre 420 000 et 650 000 éléphants en Afrique. En 2011, 25 000 ont été tués par des braconniers et probablement plus de 30 000 en 2012. Une étude, publiée début mars dans la revue scientifique PLoS One, précise que 62 % des éléphants de forêt ont été abattus pour leur ivoire au cours des dix dernières années (au Gabon principalement). A ce rythme, les populations d’Afrique centrale pourraient avoir disparu en 2025.

Brigitte Bardot en appelle aux forces françaises

Le 26 mars 2013, la Présidente de la Fondation Brigitte Bardot sollicite l’aide du Président de la République pour une coopération des forces françaises, présentes en Afrique, avec les brigades locales de lutte anti-braconnage.

Il s’agit de combattre des groupes armés qui massacrent des troupeaux entiers d’éléphants, tuent les gardes nationaux chargés de protéger la faune. Cette guerre de l’ivoire finance désormais des réseaux terroristes, le groupe de travail d’INTERPOL sur la criminalité liée aux espèces sauvages a tiré la sonnette d’alarme mais les moyens doivent être donnés pour lutter à armes égales contre les trafiquants.

Dès sa création, la Fondation Brigitte Bardot a soutenu la lutte anti-braconnage en équipant des gardes du Sénégal, du Mali ou encore du Tchad. Pour certains de ces pays elle s’est rapprochée, via le ministère de la Défense, des forces françaises présentes sur le terrain afin d’obtenir du matériel réformé. Des appareils de transmission, des tentes et autres équipements militaires avaient été offerts par l’armée française, la FBB finançant de son côté l’achat de plusieurs véhicules d’intervention.

C’est pourquoi Brigitte Bardot a sollicité l’aide de François Hollande : "Ma Fondation finance un projet d’orphelinat pour éléphanteaux au Tchad afin de soigner ces jeunes victimes, elle soutient également la création d’espaces protégés et de corridors pour limiter les conflits homme/animal, mais tous nos efforts sont réduits à néant si le monde ne prend pas la mesure des combats qui ensanglantent actuellement l’Afrique.

Monsieur le Président, les forces françaises sont présentes dans plusieurs pays où le braconnage finance des réseaux terroristes. La coopération de notre armée est indispensable, elle peut passer par des dons en matériel ou une participation active des troupes, l’important est d’agir aux côtés des brigades qui luttent contre le braconnage."

Braconnage sans précédent

Le 7 mai, François Hollande répond à Brigitte Bardot (extraits) : "La violence générée par ces exactions, qui en outre contribuent à alimenter financièrement le crime organisé et les groupes armés sévissant dans ces régions, est inacceptable. La France est ainsi prête à apporter son concours aux autorités nationales confrontées à ce phénomène aux impacts humains et écologiques désastreux, face auquel elles se trouvent de plus en plus démunies …/… C’est pourquoi j’ai souhaité que tous les services compétents, relevant du ministère des Affaires Etrangères, de l’Ecologie, mais aussi de l’Intérieur et des Douanes, coordonnent leurs efforts pour apporter un appui renforcé à la lutte contre le braconnage dans les régions concernées, et contre le trafic illégal d’ivoire, sur place et en France. Une réunion d’information et de concertation avec les ONG compétentes sera organisée très prochainement, à laquelle bien entendu votre Fondation sera conviée".

Le gouvernement mobilisé

Le 31 mai, la Fondation Brigitte Bardot participe donc à une importante réunion de travail dont l’objectif est de faire un point sur la recrudescence du braconnage, les difficultés rencontrées sur le terrain, les réseaux impliqués, etc. L’autre objectif de cette réunion est d’identifier les actions concrètes qui peuvent être menées par les autorités françaises dans la lutte contre le braconnage. Une mission, conduite par Nicolas Hulot, se rend dans plusieurs pays d’Afrique centrale durant la deuxième quinzaine de juin pour rencontrer les organisations, autorités et conservateurs locaux, un travail qui devra aboutir à la mise en place d’un plan de sauvegarde de l’éléphant (et autres espèces victimes du braconnage).

Echanges fructueux avec le Chef de l'Etat

Pour ne pas reprendre, ici, la teneur des échanges entre le Président François Hollande et la Présidente de la Fondation Brigitte Bardot, nous avons intégré à cette page (colonne de gauche) les dernières correspondances et vous invitons à en prendre connaissance.

5 décembre 2013 - A l'initiative de l'Elysée, 20 pays africains participent à une table ronde sur la lutte contre le braconnage

L'engagement de François Hollande auprès de Brigitte Bardot a été tenu (même s'il est nécessaire d'aller bien au-delà des premières mesures annoncées pour assurer une protection réelle des espèces menacées).

Outre la table ronde organisée le 5 décembre, avant le sommet franco-africain, qui réunit de nombreux Chefs d'Etat, ministres, et qui doit aboutir à la présentation d'une déclaration commune visant à mettre en place une politique de lutte contre le braconnage, la France a présenté un plan d'action national particulièrement ambitieux.

Déclaration commune des Etats africains et plan d'action national contre le braconnage

Parmi les différents points présentés dans le plan d'action du gouvernement, il y a un renforcement des amendes pour le trafic d'objets CITES (ivoire notamment) avec des peines multipliées pour mettre la lutte contre le braconnage au même niveau que la lutte contre le trafic de drogue. Idem pour les OPJ (officiers de police judiciaire) qui auront les mêmes prérogatives pour lutter contre ces trafics (espèces CITES comme stupéfiants).

La lutte contre le trafic des espèces protégées est donc, désormais en France, élevée au rang de lutte contre la criminalité.

Par ailleurs, le ministre de l'Ecologie et Nicolas Hulot doivent annoncer la destruction, dans les six mois, des stocks d'ivoire toujours présents en France.

Réaction de la Fondation Brigitte Bardot

"La promesse de François Hollande n'était pas du flan, contrairement à celles non tenues par ses prédécesseurs. Nous nous réjouissons de voir la lutte contre le trafic des espèces CITES élevée au niveau (et avec des moyens comparables) de la lutte contre le trafic de drogue.

Toutefois, il faut aider plus directement les gardes qui luttent contre les braconniers en apportant un soutien logistique et matériel des forces françaises présentes en Afrique.

Nous nous réjouissons de l'engagement du ministre de l'Ecologie à défendre la préservation de la biodiversité africaine mais attendons qu'il s'engage, de la même manière, à la préservation de la biodiversité européenne en menant désormais une politique de protection et non plus d'abattage des loups."

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