Trafic d'ivoire : La France poursuit son action ! | Fondation Brigitte Bardot
Allain Bougrain Dubourg, Ségolène Royal, Yann Arthus Bertrand, réunion au ministère. Photos © Bernard Suard / MEDDE-MELTR
Allain Bougrain Dubourg, Ségolène Royal, Yann Arthus Bertrand, réunion au ministère. Photos © Bernard Suard / MEDDE-MELTR

Trafic d'ivoire : La France poursuit son action !

Après la destruction, en février 2014, de ses stocks d’ivoire (698 défenses brutes ou travaillées et 15 357 pièces) et l’adoption d’un plan d’actions de “lutte contre le braconnage d’éléphants et contre le trafic d’ivoire et d’autres espèces protégées”, la France a franchi une nouvelle étape en suspendant la délivrance de certificats d’exportation d’ivoire brut.

Le 20 janvier 2015, à l’initiative de l’association Robin des Bois, 37 organisations africaines, asiatiques, américaines et européennes, parmi lesquelles la Fondation Brigitte Bardot, interpellent la ministre française de l’Écologie pour lui demander d’interdire « toute commercialisation et exportation d’ivoire ».
En effet, rien que pour le dernier trimestre 2014, au moins 118 défenses entières ont été mises aux enchères en France… du jamais vu depuis 1990 et l’entrée en vigueur d’un « moratoire » sur les ventes d’ivoire à l’international. Ces ventes sont censées porter sur de l’ivoire ancien, introduit en France avant l’interdiction, mais sous couvert de l’ivoire légal, des filières écoulent de l’ivoire illégal. En Afrique et en Asie, 35 000 à 40 000 éléphants sont braconnés chaque année pour répondre à la demande des pays asiatiques, notamment de la Chine. La France ne doit pas devenir complice des tueries perpétrées en Afrique contre les éléphants, mais aussi contre les rangers qui tentent, avec trop peu de moyens, de les protéger. Le 28 janvier, une réunion « de crise » est organisée au ministère de l’Écologie, en présence de Ségolène Royal, pour recevoir les organisations signataires de l’appel, échanger avec elles afin de connaître leurs attentes,et présenter des mesures.

La France ne délivrera plus de certificats d’exportation d’ivoire brut

Les principales mesures présentées par la ministre de l’Écologie sont : suspension immédiate de la délivrance des certificats d’exportation d’ivoire brut ; appel aux autres États membres de l’Union européenne pour interdire à leur tour les exportations d’ivoire brut ; coopération renforcée entre les services du ministère de l’Écologie et les douanes et relance du plan de coopération interministériel destiné à améliorer la synergie entre les services afin de rendre la lutte contre la fraude plus efficace ; nouvelle opération de destruction d’ivoire illégal en 2015…

Sanctions renforcées

Les infractions sont des délits actuellement passibles, au titre du Code de l’environnement, d’un an d’emprisonnement et de 15 000 €
d’amende ou, en cas de trafic en bande organisée, de 7 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende. Ces amendes vont être augmentées à 150 000 € et 750 000 € respectivement (projet de loi « biodiversité »). Après la drogue, la contrefaçon et le trafic d’êtres humains, le trafic des espèces menacées est le 4e au monde. La criminalité organisée liée aux espèces sauvages est devenue une menace sérieuse, non seulement pour la conservation de la biodiversité, l’économie et le patrimoine culturel, mais aussi pour la sécurité et la stabilité politique de nombreux pays.

25 millions d’euros pour soutenir des programmes de conservation Pour 2014-2015, la France prévoit de poursuivre son effort dans la lutte contre le braconnage des éléphants et autres espèces menacées en Afrique subsaharienne, à hauteur de 25 millions d’euros dont 14 millions dans deux pays cibles, le Gabon et le Mozambique, dans le cadre de mécanismes de conversion de dettes. Cette politique de la France est encourageante, elle s’inscrit d’ailleurs dans une préoccupation communautaire puisque le Parlement européen a adopté, le 15 janvier 2014, une résolution condamnant la criminalité faunique afin de lutter plus efficacement contre le braconnage.

imprimer

Partager