Chasse aux trophées | Fondation Brigitte Bardot

Chasse aux trophées

Le 29 octobre, la Présidente de la Fondation Brigitte Bardot dénonçait publiquement le silence coupable de la ministre de l’Ecologie sur l’importation de trophées de chasse, notamment après l’indignation internationale soulevée par la mort du lion Cecil. Dans sa lettre, Brigitte Bardot demandait à Ségolène Royal d’agir vite.

Le 17 novembre 2015, la Fondation Brigitte Bardot a reçu la réponse de la ministre : « Suite à votre courrier […] j’ai donné instruction à mes services de ne plus délivrer de permis d’importation pour les trophées de chasse de lion »

La Fondation Brigitte Bardot a pu faire état de cette réponse devant les eurodéputés et les nombreux représentants d’ONG de protection animale présents, le 17 novembre au Parlement européen, lors de la projection du documentaire « Blood Lions » sur l’élevage de lions pour la chasse aux trophées.

Dans sa réponse, la ministre revient également sur l’action menée conjointement avec la Fondation Brigitte Bardot pour lutter, en France et en Afrique, contre le trafic d’ivoire.

La Fondation Brigitte Bardot a toujours été critique quant aux choix défendus par Ségolène Royal en termes de biodiversité, notamment sur la scandaleuse « gestion » des loups en France.

Cette fois, la Fondation tient à remercier la ministre pour sa nouvelle initiative en faveur de la sauvegarde d’espèces sauvages soumises au braconnage. La France s’est déjà illustrée par ses engagements fermes dans la lutte contre le trafic d’ivoire, avec l’arrêt des importations de trophées de chasse aux lions, elle renforce son crédit auprès de partenaires européens susceptibles d’interdire à leur tour l’importation de ces trophées de la honte.

Lettre ouverte à Ségolène Royal

Le  29 octobre 2015, Brigitte Bardot intervient auprès de la ministre en charge de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie.

Madame la Ministre,

Si les écologistes que vous représentez au sein du gouvernement sont en pleine dérive, c’est qu’ils n’accordent plus à la nature et aux animaux l’intérêt crucialement primordial qui leur est dû.

Et lorsque, trop rarement, vous vous penchez sur un problème animalier, c’est pour autoriser l’abattage scandaleux de 36 loups, espèce protégée, ce qui met en doute votre compétence en la matière et la crédibilité de votre fonction.

Je me permets donc de vous faire savoir qu’il se passe un peu partout dans le monde, mais surtout en Afrique, des chasses aux trophées qui ne sont que des massacres programmés, très organisés et bénéficiant du soutien du W.W.F, des chefs d’état Africains, des responsables CITES, des Directeurs de parcs privés, des agences de voyages spécialisées et de votre ministère, ce que vous semblez ignorer, sinon j’ai la conviction que vous auriez déjà réagi devant le scandale que ces assassinats payants d’animaux en voie de disparition provoquent de plus en plus.

J’ai écrit à Monsieur Ban Ki-moon, Secrétaire Général de l’ONU afin qu’il exige, lors de la prochaine conférence des parties à la CITES, un quota zéro pour les trophées de chasse, renforcé par des lois nationales et internationales, assurant ainsi une protection maximale à toutes ces espèces en danger.

Je ne vous ai pas entendue dénoncer ces chasses, ni lorsque le lion Cécil a été lâchement assassiné pour la somme de 50.000 $, ni lorsque cet éléphant somptueux du Zimbabwe a été abattu le 7 Octobre dernier par un Allemand pour la somme de 50.000 €.

Les réactions sont très vives mais, là encore, la vôtre se fait cruellement attendre !

Je compte donc sur votre rapide prise de position à ce sujet, la France s’honorerait à interdire l’importation des trophées de chasse, donnant ainsi l’exemple à tous les Etats membres de l’Union européenne.

En plus du braconnage abominable qui n’a jamais été aussi élevé que ces dernières années, ces trophées participent à la disparition de notre plus noble patrimoine, celui des animaux sauvages.

Je compte sur vous, il y a urgence, ne nous décevez pas.

Brigitte Bardot

Lettre ouverte à Monsieur Ban Ki-moon, Secrétaire Général des Nations Unies

Le 17 août 2015, Brigitte Bardot intervenait auprès des Nations Unies pour dénoncer la chasse d'espèces sauvages par des braconniers fortunés.

Monsieur le Secrétaire Général,

L’adoption, le 30 juillet dernier par l’Assemblée générale des Nations Unies, de la 1ère résolution sur la « surveillance du trafic des espèces sauvages » est un espoir pour tous les défenseurs des animaux.

Si le braconnage est une menace qui s’ajoute à la destruction de l’habitat et au changement climatique, qui condamnent la biodiversité, il ne faut toutefois pas minimiser l’impact de la chasse aux trophées qui n’épargne aucune espèce : éléphants, girafes, lions, ours, rhinocéros… tous ces animaux menacés sont monnayables pour le plaisir de chasseurs fortunés qui tuent par jeu et vanité.

Le pouvoir de l’argent permet de s’affranchir de toutes les règles, il permet aussi de corrompre en profitant de la misère humaine, comme nous l’avons encore vu récemment avec le tristement célèbre lion Cecil victime d’un safari pervers.

Ma Fondation dénonce ce scandale depuis des décennies, en particulier lors des conférences CITES où les quotas de chasse sont scandaleusement arrangés « entre amis ». A cette honte s’ajoute celle du « canned hunting », très développé en Afrique du Sud où des milliers de condamnés sont élevés dans le but d’être tués, avec la complicité d’agences de tourisme, tours opérateurs spécialisés dans ce genre de trafic qui permet à de riches collectionneurs d’assouvir leur recherche d’un trophée.

Le film « blood lions » est un témoignage effroyable sur cette pratique ignoble, d’une lâcheté absolue puisque les félins sont incarcérés et abattus dans un espace clos, ce qui banalise et normalise un assassinat à bout portant de grands fauves et accentue, avec la prédation des braconniers, l’extinction de nombreuses espèces.

Monsieur le Secrétaire Général, dans la suite logique de votre résolution du 30 juillet, je vous demande d’intervenir d’urgence auprès du Secrétaire Général de la CITES afin de fixer un quota zéro et d’abolir à jamais toutes les demandes concernant ces scandaleux meurtres « sportifs » et « récréatifs ».

La prochaine conférence des Parties se tiendra l’année prochaine en Afrique du Sud, pays où la chasse aux trophées et le « canned hunting » sont très répandus et doivent être définitivement interdits ! C’est écœurée et les larmes aux yeux que j’attends de vous une forte prise de position, il y a urgence

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