CITES 2013 - Menace sur les ours polaires | Fondation Brigitte Bardot

CITES 2013 - Menace sur les ours polaires

L'appel de Brigitte Bardot à Delphine Batho

Du 3 au 14 mars 2013, se tiendra à Bangkok la seizième session de la conférence des Parties à la CITES (Convention sur le commerce international des espèces sauvages menacées d’extinction) au cours de laquelle l'avenir de l'ours polaire sera scellé.

  • 7 mars 2013 :Le commerce international de l'ours polaire ne sera pas interdit, son transfert à l'annexe 1 est rejeté. Le détail des débats ici
  • 5 mars 2013 : l'UE s'oppose aux USA et à la Russie pour la préservation de l'ours polaire. Cliquer sur l'image de gauche pour lire le communiqué de la Fondation.

Les Etats-Unis, soutenus par la Fédération de Russie, proposent de transférer l’ours blanc de l’Annexe II à l’Annexe I de la CITES pour en interdire tout commerce international. Alors que cette espèce est le triste symbole du réchauffement climatique, de la disparition d’un habitat fragile avec la fonte des glaces arctiques, comment est-il encore possible d’abattre, chaque année et rien qu’au Canada, environ 600 ours blancs ?

Cette proposition visant à freiner la disparition des ours polaires avait déjà été présentée lors de la précédente conférence des Parties, en mars 2010 à Doha… la France s’y était opposée ! L’UE avait alors choisi de ne pas défendre l’ours par stratégie politique, envers le Canada, après l’adoption de l’embargo européen sur les produits issus du phoque.

L'appel de Brigitte Bardot à la ministre de l'Ecologie

Le 28 décembre 2012, la Présidente de la FBB interpelle Delphine Batho : "vous n'êtes pas sous le gouvernement Sarkozy alors ne faites pas preuve de la même lâcheté que vos prédécesseurs. La France doit soutenir la proposition des Etats-Unis et doit conduire l’Union européenne à défendre, d’une seule et même voix, l’ours blanc"

12 organisations s'unissent et forment la coalition "ours polaire"

Cette coalition est déjà intervenue, à deux reprises, auprès de la ministre de l'Ecologie pour rappeler les enjeux de la prochaine CITES et demander à la France de soutenir la proposition présentée par les Etats-Unis (voir les PDF colonne de droite).

Il y a pourtant car de nombreuses espèces animales seront rayées des listes de la CITES lors de la prochaine conférence, ces espèce sont éteintes (tigre de Tasmanie, wallaby à queue cornée, etc.)... Il est encore temps de sauver l’ours polaire, ne pas le faire serait un crime !

Le rhinocéros blanc victime des trophées de chasse

Dans sa lettre, Brigitte Bardot interroge la ministre de l'Ecologie : "Pourquoi la France ne soutient-elle pas la proposition du Kenya de fixer un quota zéro pour les trophées de chasse au rhinocéros blanc ? Comment peut-on prétendre protéger une espèce en organisant des chasses pour de riches clients, venus tuer des animaux menacés simplement par plaisir et sadisme ? C’est scandaleux ! Je sais que certaines organisations, comme le WWF, défendent cette politique mais ma Fondation, reconnue d’utilité publique, ne l’acceptera jamais."

"Nous n’avons pas à nous positionner en colonisateur !"

De la même manière, comment la France peut-elle s’opposer à la proposition, présentée par le Benin, le Sénégal et la Sierra Leone, de transférer de l’Annexe II à l’Annexe I le lamantin d’Afrique de l’Ouest ? Pour Brigitte Bardot : "Ces pays africains ont tout de même le droit de défendre les espèces animales présentes chez eux, nous n’avons pas à nous positionner en colonisateur !"

L'éléphants d'Afrique toujours victime du braconnage

Autre sujet sensible et qui tient particulièrement à coeur de Brigitte Bardot, la situation très préoccupante des éléphants d'Afrique :

"Je ne comprends pas que la France ne soit pas favorable au reclassement de toutes les populations d’éléphants d’Afrique à l’Annexe I. Il y a une coalition de pays africains qui défend cette position, depuis des années, la France ne la soutient pas et c’est une honte. Il est vrai que cela ne fait pas partie des enjeux de la CITES 2013 mais il faut, dès aujourd’hui, préparer la suivante, l’interdiction de tout commerce international de l’ivoire est un impératif si on veut, véritablement, sauver l’éléphant d’Afrique dont les populations sont massacrées actuellement, à la mitraillette et par groupe entier, au Cameroun, au Tchad et sur tout le Continent.

Ma Fondation a financé un orphelinat pour éléphanteaux, au Tchad, mais les rapports que je reçois de l’association "SOS Eléphants" sont dramatiques. Les autorités tchadiennes font le maximum pour tenter de protéger leur population d’éléphants mais c’est une guerre à armes inégales et perdue d’avance si le marché international reste ouvert, même partiellement."

Depuis le gouvernement Rocard, la France n'a pris aucune initiative

La France doit prendre l’initiative comme elle l’avait fait en 1989, sous la Présidence de François Mitterrand qui avait entendu l'appel de Brigitte Bardot et agi en conséquence. D’ailleurs, depuis le gouvernement Rocard à qui l’on doit aussi la création du sanctuaire baleinier en Antarctique, aucun gouvernement français n’a pris l’initiative d’une mesure internationale de préservation des espèces !

A chaque CITES nous assistons, écœurés, à des combines révoltantes. Les délégations agissent en marchands de tapis pour de petits arrangements entre amis, tout cela est indigne et nous attendons de la nouvelle équipe gouvernementale le changement promis par François Hollande...

La réponse désastreuse de Delphine Batho...

Le 4 février 2013, la ministre de l'Ecologie répond à la coalition (voir colonne de droite) que la France ne soutiendra pas la proposition des Etats-Unis de transférer l'ours blanc à l'Annexe I de la CITES ! Une honte qui entraîne, immédiatement, l'intervention de Brigitte Bardot auprès de François Hollande.

L'appel de Brigitte Bardot à François Hollande

Le 8 février, face à la position scandaleuse du ministère de l'Ecologie, Brigitte Bardot fait appel au Président de la République : "le sort des ours polaires se joue aujourd'hui alors pour les sauver, le changement c'est maintenant ou jamais !"

La Présidente de la Fondation Brigitte Bardot en profite pour dénoncer également la politique défendue par la délégation française au sein de la CITES :

"A chaque CITES, ma Fondation assiste, écœurée, à des combines entre délégations qui agissent en marchands de tapis. La délégation française illustre bien cette dérive scandaleuse puisqu’elle compte un lobbyiste des métiers de la fourrure et de l’ivoire, qui n’a plus à agir au nom de son ONG puisqu’il est désormais membre de la délégation au nom du ministère de l’Ecologie… On comprend mieux l’attitude de la France, ouvertement pro chasse et pro commerce des espèces menacées !"

La réponse du Président François Hollande à Brigitte Bardot

Le 25 février 2013, le Président François Hollande adresse une réponse à la Présidente de la Fondation Brigitte Bardot, extraits :

"Sachez tout d'abord que je partage totalement votre préoccupation pour le devenir de l'ours polaire, dont nous devons en effet renforcer la protection. Dans cet objectif, la France n'est pas fermée par principe à la proposition des Etats-Unis d'inscrire désormais l'ours polaire à l'annexe 1 de la CITES, si cela s'avérait nécessaire.

Mais, comme vous le savez, l'Union européenne est seule habilitée à s'exprimer dans les instances de la CITES, et doit donc s'efforcer d'abord de trouver une position commune en son sein. Or cette proposition ne recueille pas une approbation majoritaire de la part des Etats-Membres, et son efficacité par rapport à la protection renforcée de cet animal suscite un débat, qui traverse également les ONG.

L'Union européenne s'apprête donc à proposer une alternative à la proposition américaine, approuvée cette fois-ci par tous les Etats-Membres, qui consiste en un renforcement important de la protection de l'ours polaire dans le cadre de l'Annexe 2, à laquelle il est inscrit depuis plusieurs années déjà.

La France soutient ainsi une solution à la fois exigeante et pragmatique, plus à même de recueillir une majorité de suffrages lors de négociations internationales qui s'annoncent par ailleurs difficiles, au vu des positions divergentes exprimées par les parties prenantes. Elle n'exclut pas pour autant d'aller plus loin en cas de rejet du compromis européen.

La France veillera également à ce que les contrôles et la répression des fraudes liées aux trafics d'espèces animales et de leurs parties soient renforcées, de façon à ce que les décisions adoptées dans le cadre de la CITES soient mieux appliquées et respectées."

 

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