Hippophagie et abattage rituel : Brigitte Bardot s'adresse au gouvernement et aux consommateurs | Fondation Brigitte Bardot

Hippophagie et abattage rituel : Brigitte Bardot s'adresse au gouvernement et aux consommateurs

A la veille de ses 80 ans, Notre présidente adressait une lettre ouverte au gouvernement dans les colonnes du Parisien, du Figaro et de Var Matin, dans lequel elle lui demandait de lutter contre l'abattage rituel et d'interdire la consommation de viande de cheval. Déçue par la réponse du Président Hollande, Brigitte Bardot publie ce communiqué le 15 décembre 2014.

« Je suis infiniment triste et ma désillusion est grande car le Président Hollande m’a écrit que le gouvernement ne pouvait donner suite aux deux demandes, si importantes et attendues depuis 30 ans, que j’espérais pour mon anniversaire : l’abolition de l’hippophagie et l’abolition des sacrifices rituels sans étourdissement.

Ce refus est d’autant plus inacceptable qu’au moins l’abolition de l’hippophagie aurait pu m’être accordée, la quantité décroissante de viande de cheval consommée en France ne dépasse pas 0.3 % de la consommation globale de viande, ce qui en aucun cas n’aurait pu compromettre « l’équilibre d’une filière très importante pour la ruralité ».

D’autant que l’Union européenne vient de fermer ses frontières à la viande de cheval provenant du Mexique (compte-tenu des conditions effroyables de transport et d’abattage).

Je compte désormais sur l’aide des consommateurs français en les suppliant d’arrêter de manger du cheval afin d’obtenir, grâce à eux, ce que les gouvernements me refusent depuis 30 ans. »

Ce communiqué a été largement repris dans les médias : Planet animaux, bfmtv, le parisien, msn, boursorama

Appel au gouvernement dans les colonnes du Parisien, du Figaro et de Var Matin, septembre 2014

 

Monsieur le Président,
Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Président de l’Assemblée,
Monsieur le Président du Sénat,
Mesdames et Messieurs les Ministres, les Députés, les Sénateurs,

J’ai une demande officielle à vous faire, donc pour vous permettre d’y répondre en vos âmes et consciences, je vais vous faire un petit exposé explicatif de la situation.
Depuis 1973, il y a 41 ans, j’ai abandonné le cinéma pour me mettre totalement au service de la protection et de la défense des animaux, tant en France que dans le monde entier. Cette sérieuse décision fut prise après avoir été maintes fois témoin des abominations cruelles et laissées sans sanctions de la barbarie que l’homme infligeait aux animaux.
En 1986, je créai seule ma Fondation. Pour obtenir les fonds nécessaires et indispensables, je vendis aux enchères tous mes biens les plus précieux ne gardant que l’essentiel. Puis je fis don de ma célèbre « Madrague » pour obtenir la reconnaissance d’utilité publique que le Conseil d’Etat accorda à ma Fondation par décret du 21 février 1992.
Entre temps, avec Franz Weber, j’étais partie me battre en 1977 au Canada contre le massacre scandaleux des bébés phoques. Ce qui permit au monde entier de découvrir cette sanglante boucherie sur d’innocentes petites boules blanches ne pouvant se mouvoir que difficilement.
Après l’interdiction, en 1983, du commerce des peaux de blanchons, ce n’est qu’en 2009 que Stavros Dimas, alors Commissaire Européen, a obtenu l’embargo total de toute importation de produits dérivés de phoques et autres pinnipèdes.
A peu près aux mêmes dates, il y a 30 ans, je découvrais les scandales qui font l’objet de ma supplique pour lesquels je me suis battue, que j’ai dénoncés haut et fort mais qui, malgré les nombreuses promesses, sont toujours restés au point mort.
Voici donc les deux demandes évidentes et indissociables que le gouvernement se doit de m’accorder après 30 ans d’attente, pour mes 80 ans et en hommage aux 40 années de combat menées courageusement, en ne gagnant que de petits combats et non de grandes victoires.

  • L’abolition immédiate de l’hippophagie en France. Le cheval ayant été pendant de  longues années, précédant l’arrivée du moteur, le compagnon indispensable à la survie humaine et aussi faisant gagner des milliards lors des courses hippiques. Une proposition de loi visant à faire passer le cheval d’animal de rente à animal de compagnie, lui évitant ainsi l’abattoir a été déposée fin juin 2013 à l’assemblée sur la demande de ma Fondation, par Nicolas Dupont-Aignan. Je demande que cette proposition, restée lettre morte, soit prise en compte et débattue dans les plus brefs délais et qu’elle m’apporte enfin la satisfaction demandée.
  • La remise en application immédiate de la loi française et européenne exigeant l’étourdissement des animaux d’abattoir avant la saignée pour tous les animaux sans aucune dérogation pour les sacrifices rituels halal et casher qui contraignent et soumettent les animaux égorgés en toute conscience à des agonies lentes et extrêmement douloureuses,inadmissibles dans un pays « laïc » et évolué qui permetpar des moyens modernes de les rendre inconscients mais toujours vivants à l’instant du couteau. Ce qui leur évite non seulement une atroce et longue souffrance mais aussi un stress dû à l’effroi qui peut être préjudiciable pour la consommation. Déjà la Norvège, la Suède, l’Islande, la Suisse, la Grèce, le Luxembourg, l’Autriche, la Pologne et, cette année, le Danemark ont totalement aboli les dérogations halal et casher. Il est urgent que la France suive ces exemples nombreux.

Voilà les deux évolutions indispensables à notre époque que je demande aux gouvernements successifs depuis 30 ans. Il serait juste de me les accorder après tant d‘années de suppliques et d’attente. Si je ne les obtiens pas, j’en conclurai que j’ai raté ma vie.
Avec mon immense reconnaissance… anticipée !

Brigitte Bardot

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