Commission d'enquête parlementaire sur les abattoirs : l'audition de la FBB | Fondation Brigitte Bardot

Commission d'enquête parlementaire sur les abattoirs : l'audition de la FBB

Ce qu’il faut retenir.

La Fondation Brigitte Bardot était auditionnée, mercredi 11 mai 2016, à l’Assemblée Nationale, aux côtés du CIWF, de Welfarm et de l’AFAAD, dans le cadre de la commission d’enquête sur les conditions d'abattage des animaux de boucherie en France. L’occasion pour la FBB, d’exposer des demandes faites depuis des années..

L’abattage d’un animal de boucherie est situé en bout de chaîne, mais toutes les étapes précédant la mise à mort ont une incidence directe. En effet, le stress et la peur rendent difficile la manipulation des bêtes jusqu’au poste d’abattage.

Le plus souvent les animaux arrivent épuisés, blessés, durant des transports qui peuvent durer plusieurs jours. La réglementation européenne autorise pour les bovins, ovins et caprins 29 heures de transport, avec une coupure d’une heure pour l’abreuvement, un déchargement des bêtes durant 24 heures, puis une nouvelle séquence de 29 heures de transport. Pour les porcs, ce sont des séquences de 24 heures de transport non-stop, 24 heures de repos, puis 24 heures de transport…

Les animaux en souffrance (sérieusement blessés) doivent être pris en charge dès leur déchargement, dans le cadre d’un abattage dit d’urgence. Dans les faits, c’est exactement l’inverse qui se produit, l’animal est généralement abattu en fin de journée, la priorité étant donnée aux animaux manipulables et propres, ce qui est rarement le cas d’animaux blessés, souvent piétinés durant le transport.

« Comment un inspecteur des services vétérinaires et comment un « responsable protection animale » de l’abattoir peuvent-ils passer à côté d’un bovin à l’agonie sans réagir ? »

 

Nous avons demandé à Stéphane Le Foll de renforcer les équipes des services vétérinaires afin qu’un agent soit présent, dans tous les établissements, sur le poste d’abattage et durant toutes les manipulations préalables. Le ministre a répondu, le 5 avril dernier lors de la réunion exceptionnelle du CNOPSAV (Comité National d’Orientation de la Politique Sanitaire et Végétale) qu’il ne disposait pas des moyens nécessaires à la mise en place de ces contrôles.

Non seulement cette réponse n’est pas satisfaisante, mais elle est en contradiction avec l’arrêté ministériel du 12 décembre 1997 qui précise : « Dans les abattoirs, les opérations d'immobilisation, d'étourdissement, d'abattage et de mise à mort des animaux sont placées sous la surveillance continue des agents du service d'inspection qui s'assurent notamment de l'absence de défectuosité des matériels utilisés et de l'utilisation conforme de ces matériels par le personnel. »

« Renforcer les équipes des services vétérinaires afin qu’un agent soit présent sur le poste d’abattage et durant toutes les manipulations préalables. »

Depuis le début de cette affaire, et même bien avant, nous demandons la mise en place de caméras de surveillance, de contrôle, dans tous les abattoirs, particulièrement sur les postes « sensibles », du déchargement à la mise à mort des animaux. Nous voyons trois intérêts majeurs dans ce dispositif :

  • La prévention ; on peut supposer que les personnes se sachant contrôlées réfléchissent à deux fois avant de commettre un acte répréhensible,
  • La formation continue ; la formation des personnels d’abattoir est théorique, peu adaptée, on pourrait donc imaginer l’organisation de débriefings réguliers pour identifier les gestes et pratiques qui doivent être modifiés, aussi dans l’intérêt des personnels qui sont 2 à 3 fois plus exposés aux risques d’accident du travail que la moyenne nationale, donc cette disposition ne devrait pas être incompatible avec le droit du travail.
  • La sanction ; la preuve par l’image est aussi un moyen de prendre des mesures à l’encontre d’employés qui ne respecteraient pas les règles de « protection animale » ou sanitaires…

« Des caméras de surveillance, de contrôle, dans tous les abattoirs, particulièrement sur les postes « sensibles », du déchargement à la mise à mort des animaux. »

 

Mais si toutes les mesures préventives et actions correctives étaient mises en place, cela n’empêcherait pas, sur la base de la dérogation prévue dans le cadre de l’abattage rituel, l’égorgement des bêtes sans étourdissement qui entraîne une souffrance accrue, avérée par de nombreuses instances scientifiques.

Pourtant, comme l’a déclaré à plusieurs reprises le Recteur de la Grande Mosquée de Paris, l’Islam n’est pas hostile à l’étourdissement à condition qu’il ne soit pas irréversible. La réversibilité de l’étourdissement des animaux d’abattoir a été établie, en décembre 2006, par l’Académie vétérinaire de France dans son rapport aux ministres de l’Agriculture et de l’Intérieur dans lequel on peut lire : « l’étourdissement électrique des animaux de boucherie, et notamment des ovins, est réversible s’il est correctement appliqué ; l’animal soumis à cette forme d’étourdissement reste vivant, mais dans un état d’inconscience et d’insensibilité à la douleur. »

« l’Islam n’est pas hostile à l’étourdissement à condition qu’il ne soit pas irréversible »

 

Les signes de perte de conscience.

Selon le rapport « douleurs animales » de l’INRA (décembre 2009) : chez les veaux et les bovins adultes, on observe une grande variabilité dans la perte de conscience, pouvant aller jusqu’à 14 minutes… Cela s’explique notamment par le fait que lors d’un égorgement, l’artère vertébrale n’est pas coupée et elle continue d’irriguer le cerveau.

Bien évidemment, aucun abattoir n’attendra 14 minutes pour libérer le bovin de son piège de contention,

« l’agonie se poursuit donc lors de la suspension, jusqu’aux ateliers de découpe et de déshabillage»

 

Le débat sur l’abattage rituel doit être ouvert en France comme il l’a été dans une dizaine d’Etats membres de l’Union européenne qui ont imposé l’étourdissement des animaux avant leur abattage, sans exception. Rien n’a changé en France alors que de nombreux autres pays européens ont interdit l’abattage sans étourdissement.

Les deux attentes principales de la Fondation Brigitte Bardot portent sur la mise en place de caméras de contrôle dans tous les abattoirs et l’obligation d’étourdissement des bêtes en toute circonstance.

 

 

 

Le bien-être animal : enfin l’affaire de tous !

 

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