Dauphins : Taiji, la baie de la honte ! | Fondation Brigitte Bardot
Photo Sea Shepherd
Photo Sea Shepherd

Dauphins : Taiji, la baie de la honte !

Tous les ans, des dizaines de cétacés y sont capturés et envoyés dans des parcs d'attraction, tandis que des centaines d'autres sont tués pour leur chair.

Inutile d’invoquer la tradition pour tenter de justifier l’injustifiable, au Japon le rabattage des dauphins vers la baie meurtrière de Taiji se pratique depuis une « petite » quarantaine d’années, uniquement dans un but commercial. Chaque année, entre septembre et mars, des groupes entiers de cétacés (dauphin, globicéphale, fausse orque…), qui ont le malheur de croiser au large des côtes de Taiji, sont encerclés par des bateaux de pêche puis rabattus vers la baie qui, par un jeu de filets, se referme sur les dauphins pris au piège.

Le prix de la captivité

Le principal objectif est de regrouper un maximum de dauphins dans un espace restreint pour ensuite pouvoir sélectionner les plus beaux individus vendus au prix fort (50 à 100 000 € environ) à des parcs aquatiques, représentés à Taiji par des pourvoyeurs venus négocier les tarifs lors des opérations de capture. C’est l’un de ces pourvoyeurs, Jay Sweeney, et son programme de « nage avec les dauphins » en Polynésie française, que la Fondation Brigitte Bardot a combattu en 1994 avec le cinéaste américain Hardy Jones, en dévoilant notamment sa relation directe avec les massacres de Taiji. L’argent qui fait perdurer cette pratique barbare vient des delphinariums, mais comme il n’y a pas de petit profit, tous les cétacés jugés peu intéressants par les parcs aquatiques seront achevés afin d’alimenter les marchés japonais où la viande de dauphin côtoie la viande des baleines tuées (en ce moment même en Antarctique) dans un « sanctuaire baleinier » qui n’est rien d’autre qu’un vaste terrain de chasse pour la flotte japonaise…

Condamnation internationale

Dès 2003, l’organisation Sea Shepherd dénonce ce massacre, elle dispose depuis 2010 d’une équipe de volontaires « les gardiens de la baie » présente à Taiji pour informer et mobiliser l’opinion publique internationale. Les images de la mer rouge sang on fait le tour du monde, notamment après la diffusion du documentaire oscarisé « The Cove » en 2009, alors une parade a été trouvée… Témoignage d’un gardien de la baie :
« Désormais, afin de réduire la quantité de sang, les chasseurs enfoncent une tige métallique dans la colonne vertébrale des dauphins. On retire ensuite la tige et on bouche le trou avec une cheville en bois. L’enfoncement de la tige provoque parfois la mort du dauphin, mais le plus souvent, cela le paralyse seulement. Le dauphin est encore vivant et tout à fait conscient de ce qui lui arrive ainsi qu’à ses proches. Une corde est nouée autour de la queue du dauphin, puis il est hissé sur une barge de dépeçage. La plupart des dauphins se noient lentement et meurent au cours de ce traitement. Ceux qui ne sont morts ni à l’enfoncement de la tige métallique dans la colonne vertébrale, ni pendant l’opération de hissage, meurent sur la barge de dépeçage ».

Dans un tweet, en date du 18 janvier 2014, Caroline Kennedy (fille du président John F. Kennedy), actuelle ambassadrice des Etats-Unis au Japon, s’est dit « profondément préoccupée par l’inhumanité de la chasse aux dauphins par rabattage ». Une déclaration qui fait du bruit dans un silence « assourdissant » de la diplomatie internationale. En France, c’est également par un tweet, en date du 20 janvier, que l’ancienne présidente du MEDEF Laurence Parisot qualifie les massacres de Taiji de « crime contre l’humanité ».

Le Japon reste sourd, quels sont les recours ?

Si la pression internationale n’a aucun effet sur les autorités japonaises (qui subventionnent déjà une chasse baleinière contestée par une large majorité d’Etats), reste le pouvoir du citoyen, notre pouvoir individuel, de ne pas cautionner les delphinariums ou autres parcs de loisir qui emprisonnent des dauphins, comme le parc Astérix en région parisienne ou le Marineland d’Antibes. L’argent est le nerf de la guerre, les massacres de Taiji sont financés par le commerce des dauphins vivants condamnés à la captivité (le dauphin, s’il survit à la capture, au transport et à l’adaptation en bassin, aura une espérance de vie réduite de moitié en comparaison de celle des dauphins libres). D’ailleurs, à Taiji, on envisage de concilier les deux activités en maintenant des dauphins prisonniers, utilisés pour des loisirs dans un « parc » où les touristes pourront nages avec les dauphins, puis se nourrir de leur viande.

L’Europe aussi a son « Taiji »

Ces massacres ne se limitent pas aux seules baies japonaises. En Europe, les Iles Féroé pratiquent le même rituel entrainant la mort de centaines de cétacés (principalement des globicéphales), rabattus vers les différentes baies de l’archipel pour y être tués dans des conditions abjectes. Là encore, des organisations luttent contre cette barbarie, elles doivent faire face au même immobilisme, au même mépris de ceux pour qui la valeur d’un animal se mesure à l’intérêt que peut en retirer l’homme.

Disposer d’un être sensible pour le torturer, l’exploiter ou le tuer, cela ne grandit pas l’homme, bien au contraire. Alors en attendant que soit aboli le spécisme (qui doit être combattu comme doit l’être le racisme, l’homophobie ou toute autre forme de discrimination), la condamnation de Laurence Parisot est parfaitement pertinente et juste, massacrer un groupe d’animaux doit être considéré comme relevant du crime contre l’humanité !

Dauphins

Le massacre de Taiji a commencé

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