La Fondation répond à l’édito du SNVEL sur les animaux sauvages dans les cirques | Fondation Brigitte Bardot

La Fondation répond à l’édito du SNVEL sur les animaux sauvages dans les cirques

Dans un éditorial paru le 9 février 2018, le SNVEL (Syndicat National des Vétérinaires d’Exercice Libéral) exprimait sa position sur la question des animaux sauvages dans les cirques. Suite aux propos avancés dans cette lettre, la Fondation se devait de réagir et d’apporter une réponse.

Retrouvez l’intégralité de notre lettre ouverte au SNVEL ci-dessous.
 

Réponse au SNVEL
A propos des animaux sauvages dans les cirques

Dans un Edito du 9 février 2018*, le SNVEL répondait à la démarche de One Voice souhaitant connaître la position des organisations professionnelles vétérinaires sur la question des animaux sauvages dans les cirques.

Il faut savoir que l’Ordre des vétérinaires de France a déjà répondu à cette association en indiquant qu'il adhère à la recommandation prise par la Fédération des Vétérinaire d’Europe « de promouvoir l'interdiction de l'usage des mammifères sauvages dans le cadre de cirques itinérants »**, tout en précisant qu’elle avait été émise « suite à un long processus d'expertise et de validation scientifique ».

Nous nous permettons de revenir sur cet édito du 9 février, d’une part car la Fondation Brigitte Bardot soutient ouvertement l’interdiction de la présence d’animaux sauvages dans les cirques, et d’autre part car nous souhaitons répondre à l’accusation selon laquelle « le devenir de ces animaux, si l'interdiction de leur présence dans les spectacles intervenait, ne semble guère préoccuper les militants de l'interdiction ». 

Il est bon de rappeler que nous sommes contre toute forme de détention d’animaux à des fins de divertissement. Cela inclut donc les cirques, qu’ils soient itinérants ou non, d’autant que les animaux y sont utilisés dans des conditions particulièrement stressantes et qu’ils sont maintenus dans des cages ou enclos étroits tout au long de leur triste vie. Dans le cas des spectacles itinérants, ils sont en plus trimbalés de ville en ville, enfermés dans des camions pendant des heures.

Nous ne rejoignons pas le SNVEL sur la définition d’animaux sauvages. Le fait de mettre les mots « faune sauvage » et « captive » à la suite est un oxymore qui révèle l’étendue du problème de la captivité. Un lion est-il moins un lion parce qu’il est né en cage ? A-t-il des besoins physiologiques différents de ses semblables dans la savane ? Ses besoins biologiques, quels qu’ils soient, peuvent-ils être satisfaits au sein d’un cirque ? La Fédération des Vétérinaires d’Europe répond explicitement à ces questions : « L'utilisation de mammifères sauvages, en particulier les éléphants, les grands félins (lions et tigres) dans les cirques ambulants reflète une vue traditionnelle, mais dépassée, des animaux sauvages. Ces animaux ont la même constitution génétique que leurs congénères dans la nature et conservent leurs pulsions et besoins comportementaux instinctifs naturels. Les besoins des mammifères sauvages non domestiqués ne peuvent pas être satisfaits au sein d’un cirque itinérant; surtout en termes d’habitat et de capacité à exprimer des comportements normaux. » L’Ordre des vétérinaires de France rajoute que ces structures « ne peuvent satisfaire aux besoins physiologiques et sociaux de ces animaux ». 

Concernant le respect des lois, la Fondation Brigitte Bardot reçoit chaque année plusieurs dossiers de plaintes, provenant de nos enquêteurs ou de particuliers, qui dénoncent les cirques ne respectant pas les normes visées à l'arrêté du 18 mars 2011. Lorsqu’elles sont pertinentes, nous transmettons immédiatement ces plaintes aux autorités compétentes, mais le temps qu’elles se rendent sur place le cirque a bien souvent plié bagage. Sans parler des nombreux incidents aux conséquences parfois tragiques impliquant des animaux sauvages dans les cirques : 305 au sein de l’Union européenne entre 1995 et 2017*** , dont 49 rien qu’en France, et seulement pour les cas officiellement recensés. 

L’objectif d’interdiction de l’utilisation des animaux sauvages dans les cirques permettrait de mettre un terme à l’utilisation abusive d’espèces qui n’ont rien à faire sur une scène. Les français l’ont bien compris et soutiennent en large majorité une telle interdiction. A cette fin, les organisations travaillent ensemble à une réglementation appropriée, qui répondrait aux diverses problématiques posées par cette interdiction et dans l’optique de coopérer avec les circassiens. Insinuer que nous n’avons que faire du devenir de ces animaux est particulièrement choquant sachant que plusieurs centaines de milliers d’euros ont déjà été dépensés par la Fondation Brigitte Bardot en soutien aux sanctuaires français capables d’accueillir des mammifères sauvages : Elephant Haven, Tonga Terre d’accueil et le Refuge de l’Arche. En outre, nous collaborons actuellement à la création d’autres sanctuaires en Europe pour diverses espèces sauvages. Enfin, la Fondation a géré par le passé l’accueil de nombreux félins et participé à des saisies dans des cirques. Prenons l’exemple de l’hippopotame Tonga qui était en bien mauvais état avant que nous le transférions dans une réserve d’Afrique du sud. Il y coule encore des jours paisibles. 

A l’opposé, il est difficile d’envisager un sort plus triste que celui vécu par la tigresse Mevy, échappée de son cirque en novembre dernier et abattue dans les rues de Paris. D’autres animaux de cirque dont nous connaissions l’existence ont disparu sans laisser de trace...

Pour résumer, nous ne pouvons dénier à l’animal son droit de vivre libre dans son milieu naturel dans le seul but qu’il soit utilisé pour notre divertissement. Aucune méthode de dressage ne peut être jugée acceptable du moment qu’elle force l’animal à réaliser des numéros contre-nature qui, outre la détresse psychique, peuvent entraîner de lourdes séquelles physiologiques.

 

* :  lien vers l'édito du SNVEL
** : lien vers la déclaration du FVE
*** :  Wild Animals in EU Circuses, Problems, Risks and Solutions, Eurogroup for Animals, goo.gl/ebtjXu  

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