Sondage Fondation Brigitte Bardot sur la corrida | Fondation Brigitte Bardot
©Animaux en Péril
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Sondage Fondation Brigitte Bardot sur la corrida

Combats d’animaux : les Français n’en veulent plus !

Dans un nouveau sondage Ifop* pour la Fondation Brigitte Bardot, les Français se déclarent majoritairement pour l’abolition des corridas et combats de coqs.

Condamnation de la cruauté

Les corridas et combats de coqs sont considérés par le code pénal comme étant des actes de cruauté bénéficiant de dérogations locales. A la question « les actes de cruauté commis envers un animal doivent-ils être condamnés sur l’ensemble du territoire français ? » la réponse est sans appel, c’est oui pour 95% des Français.



La mort en spectacle

« Selon vous, le supplice et la mise à mort d’un animal (comme dans une corrida ou un combat de coqs par exemple) peuvent-ils encore être considérés comme un spectacle en 2018 en France ? », là encore aucune hésitation, c’est non pour 80% des Français.



Doit-on abolir la barbarie ?

Les Français qui n’aiment généralement pas interdire sont quand même favorables, à 74%, à la suppression des corridas avec mise à mort des taureaux en France. Avec de tels résultats, espérons seulement que l’attente des Français soit satisfaite par un engagement du gouvernement…

 

Un député contre la corrida

Philippe Michel-Kleisbauer est député du Var. Il a accepté de répondre à nos questions.

Pourquoi est-il si difficile, en France, de remettre en cause les pratiques cruelles exercées envers les animaux alors que d’autres Etats membres de l’UE avancent sur le sujet ? Les lobbies ont-ils le pouvoir d’empêcher les élus d’agir.
Châteaubriand disait "une fois née une idée politique ne meurt jamais" . Afin qu'une idée aboutisse, trouve sa place dans la société, il lui faut arriver à maturité. La question n'est pas seulement ou nécessairement liée à la loi du nombre de ceux qui la portent. Elle est liée à son aboutissement, son achèvement. L'idée de la conscience des animaux qu'une souffrance leur est infligée a mis du temps pour s'installer dans à peu près tous les esprits. Ce stade atteint, la conscience collective que des souffrances gratuites, volontaires, ne pouvaient plus être infligées à des êtres vivants non-humains s'est développée. Aujourd'hui les humanistes savent que l'humanité doit être abordée dans l'ensemble du monde du vivant, dans le respect de la biodiversité. Ainsi il me semble que l'idée de mettre un terme aux corridas est quasi unanimement admise et doit trouver le jour. Comme vous le mesurez ma démarche se trouve, par nature, à l'opposé des actions brutales ou violentes choisies par certains.



Vous avez largement contribué à l’arrêt des corridas à Fréjus, seule commune du Var où ces combats étaient pratiqués, mais l’actuel maire a ouvert une brèche et autorise certains spectacles taurins. Craignez-vous un retour de la corrida à Fréjus ?
C'est très juste. Mon opposition aux corridas est très ancienne, connue de tous parce que clairement affichée et constante. Cette position de ma part s'est toujours faite dans le respect du contradictoire. Toutefois l'optimisme de certains "aficionados" qui se sont exprimés avec beaucoup de confiance sur le retour des corridas à Fréjus m'a poussé à agir rapidement, sans plus attendre, avant qu'il ne soit trop tard. Le programme que je présenterai aux Fréjusiens aux prochaines municipales est profondément tourné vers la protection de notre environnement, de nos espaces et espèces naturels, et voir ce spectacle revenir sur notre territoire serait pour moi l'échec d'un combat de longue haleine. 



Plutôt qu’interdire l’accès des arènes aux moins de 14 ans, comme certains députés le proposent, vous défendez une position plus radicale qui est celle d’une interdiction pure et simple des corridas (et combats de coqs). Notre Info-Journal est adressé à tous les parlementaires français (députés, sénateurs, eurodéputés), quels sont les arguments que vous souhaiteriez mettre en avant pour défendre votre proposition de loi ?
Tout simplement que cette idée que les animaux sont doués d'une conscience qui leur permet de comprendre qu'une souffrance leur est infligée est une idée aboutie. Qu'il en découle, nonobstant tout ce qui a pu permettre d'argumenter cette pratique par le passé, que l'idée que des hommes en réunion puissent affaiblir un animal jusqu'à sa mort pour le plaisir n'a plus sa place dans notre société. Sans renier le passé, sans condamner personne, je dis juste que cette pratique n'a plus sa place dans les consciences de notre époque qui ont évolué. 



Monsieur le Député, vous venez de présenter à l’Assemblée Nationale une proposition de loi visant à mettre fin à la corrida en France, avez-vous reçu le soutien d’autres élus ?
Quelques-uns ont spontanément répondu présent et apporté leur soutien. Leur courage et leur détermination est admirable. Ma conviction est que sur la durée du mandat le nombre va grandir. Les pressions sont certaines et je ne veux pas mettre mes collègues mal à l'aise, aussi il est important de laisser cette idée inéluctable suivre son cours. 

 

* « Les Français et la corrida », sondage Ifop pour la Fondation Brigitte Bardot (mai 2018)

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