Un jeune tigre malade exposé par le Cirque Zavatta : La FBB réagit | Fondation Brigitte Bardot

Un jeune tigre malade exposé par le Cirque Zavatta : La FBB réagit

le 25 avril 2016, la Fondation a adressé une lettre ouverte au directeur du magasin Leclerc de Champfleury (51) pour lui faire part de son indignation

Monsieur le Directeur,

Nous venons d’apprendre que le Cirque Zavatta s’est installé sur le parking de votre magasin jusqu’au 1er mai prochain et qu’il présente un jeune tigre à priori malade dans une cage exposée à la vue de tous les clients. De nombreuses associations mènent des actions de sensibilisation auprès du public et des pouvoirs publics, afin de les alerter sur les conditions de vie des animaux détenus dans ces structures. Par ailleurs, de nombreux citoyens montrent aussi leur mécontentement sur la toile.

Des cirques s’installent régulièrement sur les communes sans en avoir obtenu l’autorisation. Certaines structures détiennent souvent des animaux sauvages sans posséder les documents administratifs ni les compétences nécessaires, mettant ainsi en danger la population et le public (ex : animal qui s’échappe). Les contrôles ne sont malheureusement pas obligatoires mais la loi exige la possession de certificats de capacité autorisant la détention d’animaux sauvages ainsi qu’une autorisation d’ouverture.

Nous sommes bien évidemment pour que les cirques puissent vivre, mais sans animaux.

Aucun cirque, ne pourra jamais offrir les conditions de vie dont ces animaux ont besoin. Même nés en captivité, ces animaux, ours, éléphants, tigres, lions, hippopotames, singes etc. présentent des comportements anormaux, signes de détresse psychologique : automutilation, balancement incessant de la tête pour l’ours ou l’éléphant, allers et venues permanentes pour les félins, léchage à outrance pour les primates... Ils développent des pathologies liées au stress de la captivité pouvant générer un comportement dangereux.

Ces animaux sont emprisonnés 90% de leur temps dans une petite cage et trimballés sur les routes, d’une ville à l’autre. Ne pensez-vous pas que cela est une forme de maltraitance ?

Que penser de ces numéros où les animaux perdent toute leur animalité pour ressembler à des humains, des postures contre-nature qu’on leur demande de réaliser par la force, postures pouvant provoquer des blessures, des douleurs permanentes et même pire.

Selon Kuntz, spécialiste des éléphants dans les cirques, la position assise chez l’éléphant, peut conduire à « un état grave qui peut entraîner la mort si les organes concernés par le prolapsus (intestins, vessie, utérus) subissent un étranglement et se nécrosent. » Cette pression interne causée lors de ces exercices est bien connue des dompteurs dans le milieu du cirque, ceux-ci commandent couramment à leurs éléphants de déféquer avant d’entrer en piste pour éviter que cela n’arrive pendant le numéro.

Est-ce vraiment cette image d’animaux privés de tout, détenus hors de leur environnement, et forcés d’apprendre des postures contre-nature, que nous voulons transmettre à nos enfants ?

Nous faisons aujourd’hui appel à vous pour que vous preniez conscience du caractère cruel et immoral de ces exhibitions, dans lesquelles la nature même de l’animal est inhibée, asservie pour le seul plaisir de l’homme. Ce message sur ces animaux soit disant « heureux » est une supercherie. Les animaux sont effectivement nourris et soignés, mais ils sont enchaînés à vie.

De plus en plus de pays (*) ont pris des mesures pour limiter et même interdire la présence d’animaux dans les cirques. Des villes françaises suivent le même mouvement. Nous espérons que la ville de Reims suive un jour le même exemple et refuse toute présence de cirque avec animaux sauvages dans sa commune mais en attendant, vous pouvez prendre les devants.

Ces animaux, mêmes enchaînés, mêmes brisés psychologiquement, restent des animaux sauvages. Faudra-t-il que des accidents mortels se produisent pour que les bonnes décisions soient prises ?

Nous espérons que vous serez sensible à nos arguments et nous vous prions de croire, Monsieur le Directeur, en l’expression de nos salutations distinguées.

Christophe Marie

Directeur Pôle Protection Animale

(*) Allemagne, Autriche, Belgique, Brésil, Costa Rica, Danemark, Finlande, Inde, Israël, Liban, Portugal, Singapour, Suède, Mexique…

« Il y a de simples résolutions que chacun d’entre nous peut prendre pour éliminer l’exploitation d’autres êtres. L’une d’elles est simplement de refuser d’aller voir tout cirque utilisant des animaux. Lorsque je regarde des animaux tenus captifs dans les cirques, cela me fait penser à l’esclavage. Les animaux dans les cirques représentent la domination et l’oppression que nous avons combattues pendant si longtemps. Ils portent les mêmes chaînes et les mêmes fers. ».

Dick Gregory, militant pour les droits civils auprès du Révérend Martin Luther King.

 

imprimer

Partager