Le 17 octobre dernier
le pavé tombe dans la mare : le gouvernement islandais annonce qu’il
va reprendre la chasse commerciale à la baleine ! Ce pays est venu
depuis peu grossir le rang des pro-chasseurs au sein de la Commission
Baleinière Internationale (CBI).
Suite à la baisse considérable des effectifs
des baleines chassées, les 19 pays baleiniers se regroupent pour
tenter de gérer une ressource devenue rare. La CBI se réunit une
fois par an pour sa séance plénière. Elle convoque ses pays membres
(plus d’une soixantaine aujourd’hui) pour traiter de nombreux sujets
: limitations des sanctuaires, octroi des quotas de chasses aborigènes
pour certaines populations dont la culture et la subsistance dépendent
de cette chasse, méthodes de mise à mort des baleines, trafic de
viande de cétacés, écotourisme baleinier…
Chaque pays est représenté par une délégation menée par un commissaire.
Pour la France, celui-ci est nommé par le ministère des Affaires
Étrangères. Tout pays dispose d’une voix lors des votes. Les ON
G ne sont pas autorisés à prendre la parole durant la réunion. La
CBI ne peut prendre aucune sanction contre ses membres, même s’ils
enfreignent le règlement mais chaque pays membre peut envisager
des sanctions diplomatiques ou économiques à l’encontre de pays
ne respectant pas les décisions adoptées par la commission.
En 2003, l’Islande s’est d’ailleurs octroyé des quotas de chasse
scientifique non régis par la CBI. Pourtant comme au Japon, on retrouve
la viande de baleine à la vente en Islande.
Aujourd’hui, après plus de 20 ans d’interruption et en objection
avec le moratoire instauré en 1986, le ministre de la Pêche a déclaré
que l’Islande reprenait sa chasse commerciale en donnant l’autorisation
de massacrer 30 petits rorquals et 9 rorquals communs - bien que
ces derniers soient classés dans la liste des espèces menacées.
25 pays s’engagent après
la mort du premier rorqual
C’est ainsi que le 22 octobre, le premier rorqual commun mesurant
entre 20 et 21 mètres a été tué malgré les protestations qui ont
afflué du monde entier, écologistes, associations de protection
animale (dont la Fondation Brigitte Bardot) et même des gouvernements
(dont l’Angleterre, la France, les États-Unis, l’Australie…) Les
ambassadeurs de 25 pays ont décidé de signer une déclaration exprimant
leur opposition à la reprise de la chasse commerciale et demandant
au gouvernement islandais de reconsidérer sa décision.
Cette déclaration a été remise au ministre islandais des Affaires
Étrangères ainsi qu’au ministre de la Pêche. Nous espérons que tous
les pays anti-chasse condamneront cette chasse lors de la prochaine
réunion de la CBI qui se tiendra à Anchorage, en Alaska, en mai
2007.
Une viande destinée à l’exportation
Nous nous étonnons de cette reprise de la chasse commerciale car
il semble qu’il n’y ait pas de débouché pour la viande et la question
de cette chasse mérite d’être posée si elle n’est économiquement
pas viable. En effet, les Islandais ne consomment plus de viande
de baleine, il est donc évident que le gouvernement compte l’exporter
vers le Japon. Cependant, à l’heure actuelle, la Convention sur
le commerce international des espèces de faune et de flore menacés
d’extinction (CITES) interdit le commerce international de toutes
les espèces et produits de ces baleines. D’ailleurs, même l’ambassadeur
japonais en Islande a déclaré que le Japon qui avait déjà des surplus
de viande de baleine n’en voulait pas.
Le pari de l’écotourisme
Nous espérons donc que L’Islande viendra à reconsidérer sa position
quant à la chasse à la baleine car ces mammifères doivent déjà lutter
contre les pollutions, le réchauffement climatique… De plus, l’Islande
est un pays où l’écotourisme baleinier est grandissant. Des centaines
de milliers de personnes y viennent chaque année pour observer ces
magnifiques géants dans leur milieu naturel.
Il est évident que le gouvernement gagnerait plus à profiter des
baleines vivantes que sacrifiées, soutenant l’industrie de l’écotourisme
où le nombre d’emplois est en augmentation constante, sans parler
de l’amélioration de l’image du pays vis-à-vis de l’opinion internationale.
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