L’éditorial de Brigitte Bardot

L’éditorial de Brigitte Bardot

  • « L'homme a peu de chances de cesser d'être un tortionnaire pour l'homme, tant qu'il continuera à apprendre sur l’animal son métier de bourreau. »

    Marguerite Yourcenar

    C’est un grand chamboulement mortel qui nous avertit de nos multiples erreurs, de nos ravages, de notre suprématie si fragile face à un minuscule virus contre lequel aucune des armes les plus sophistiquées et destructrices, qui faisaient notre abominable force, ne pourront nous protéger. La démographie affolante de l’homme n’avait qu’un seul prédateur, l’homme. Ce sont donc les hommes qui se détruiront massivement, ce qui redonnera à la planète la chaîne écologique qu’ils n’auraient jamais dû déséquilibrer.

    Pour tenter de vaincre ce qui parait invincible, les savants, les biologistes, les chercheurs du monde entier expérimentent leurs trouvailles chimiques sur tous les animaux du monde, c’est la course au vainqueur, au futur Nobel qui aura trouvé le Graal, sauveur laissant derrière lui des milliers de cadavres qui auront souffert, agonisé, hurlé de leurs souffrances sous l’œil froid et attentif du vainqueur. Ces animaux, pauvres cobayes dont on prend la vie pour sauver celle des hommes qui les martyrisent, les chassent, les mangent, les dépouillent, les exposent et les font travailler durement. C’est injuste !

    Tant de choses sont injustes dans notre société où seule la réussite financière a de la valeur. Voilà ce qui nous mène : « la course au pognon, au pouvoir d’achat, à la réussite coûte que coûte, robotise l’être qui était humain. Cette déshumanisation bétonnée, suralimentée et superficialisée nous désensibilise de l’essentiel ».

    Les religions qui devraient élever nos âmes, nous guider vers l’empathie, la sensibilité, la générosité, la pitié, la méditation, sont les premières à nous inculquer le goût du sacrifice animal. Les rituels Halal et Casher chez les musulmans et les juifs et l’agneau Pascal chez les catholiques. Je suis catholique et choquée par cette tradition cruelle qui m’éloigne de ces simagrées traditionnelles inventées par les hommes pour s’en foutre plein la panse le jour de Pâques.

    Tout ça n’est pas bien joli

    A ce propos, je tiens à dire à ceux qui se sont désabonnés de notre journal, le trouvant trop dur, choquant, insupportable, que nous sommes aussi choqués, épuisés, horrifiés par ce que nous vivons quotidiennement, par ce que nous voyons pour de vrai, par toutes ces abominations que l’être humain fait subir aux animaux que nous devons dénoncer pour que le monde soit averti de ce qu’il ignore.

    A bientôt,

    Brigitte Bardot
    Présidente

    Cet éditorial a été publié dans l'Info-Journal numéro 113 (2ème trimestre 2020).

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