L’été meurtrier

L’été meurtrier

  • L'éditorial de Brigitte Bardot

    Chaque été est un enfer pour les animaux, abandonnés par milliers pour quelques jours de vacances, torturés par centaines dans des arènes dignes des jeux du cirque, réduits à l’esclavage dans des cirques itinérants, crevant de chaud dans des camions mouroir à destination de l’abattoir ou égorgés lors du sacrifice sanglant de l’Aïd el-Kebir
    qui tombe, cette année, en plein mois d’août.

    Il y a 45 ans j’ai arrêté le cinéma pour consacrer ma vie à défendre celle de millions de victimes silencieuses, un combat trop longtemps méprisé et ridiculisé qui est enfin reconnu, du moins par le public comme le montrent les différents sondages tous majoritairement favorables à l’abolition des pratiques barbares (hélas nombreuses en France).

    Si l’attente sociétale est très forte, la réponse politique n’est pas du tout à la hauteur comme nous avons encore pu le constater lors du débat sur le projet de loi « agricole » où toutes les propositions allant vers une amélioration de la condition animale ont été balayées par le ministre de l’Agriculture.

    Quelques élus heureusement tentent d’ouvrir le débat à l’Assemblée Nationale en remettant en cause, notamment, la corrida qui est un archaïsme et une honte pour notre pays.

    Il y a quelques jours le Président Emmanuel Macron m’a reçue et m’a donné un peu d’espoir, il nous en fallait après la déception Nicolas Hulot…

    En attendant une décision politique, chacun peut agir, à son niveau et individuellement, pour les animaux en modifiant ses choix de consommation. On ne doit pas attendre des autres qu’ils décident à notre place, il y a urgence pour les animaux et je lance un appel à la raison, à la conscience et à la compassion.

    Nul besoin de se nourrir ou se vêtir de cadavres d’animaux, inutile d’applaudir des spectacles où l’animal est emprisonné, condamné derrière des barreaux ou dans un bassin minuscule, nous avons le choix de traiter les autres espèces avec bonté, humanité, ce choix devient très vite un devoir lorsqu’on ouvre les yeux sur l’immensité de la détresse animale que nous côtoyons et provoquons.

    Ce monde est à l’origine un Paradis que nous transformons chaque jour en enfer. Je n’ai pas le pouvoir de stopper les guerres, les conflits armés et le terrorisme, alors réalisons ce qui est immédiatement réalisable, arrêtons d’exploiter les animaux, l’humanité en sortira grandie.

    Brigitte Bardot
    Présidente

    Cet éditorial a été publié dans l'Info-Journal numéro 106 (3ème trimestre 2018).

    Crédit photo : Fondation Brigitte Bardot

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