Cop 20 de la CITES 2025 - la FBB mobilisée pour défendre la cause animale
La FBB participe à la COP20 de la CITES qui se tient cette année à Samarkand, en Ouzbékistan. La FBB est présente aux conférences de la COP depuis 25 ans.
Cette année marque le 50e anniversaire de l’entrée en vigueur de la Convention.
Comprendre la CITES
La CITES (convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) est également connue comme la convention de Washington.
Il s’agit d’un accord entre gouvernements, conclu en 1973, dont l’objectif est de réglementer le commerce international des animaux et des plantes sauvages (y compris les arbres), dans le but de garantir que ce commerce ne menace pas leur survie.
Participent à cette conférence :
- les pays membres (parties) qui sont les principaux décideurs
- mais également des ONG, qui participent en tant qu’observateurs pour faire entendre leur voix, partager leur expertise et plaider en faveur de la protection des espèces avec possibilité d’intervenir en séance avec un temps de parole limité à 2 min par proposition.
- les représentants des industries, représentent les intérêts de leur secteur (par exemple : chasse aux trophées)
Cette réglementation s’effectue par l’inscription des espèces sur l’une des trois listes (ou annexes) qui prévoient différents niveaux de protection :
- L’Annexe I : liste les espèces qui gravement menacées d’extinction par le commerce international et qui sont donc soumises à des interdictions strictes de commerce international au vu de l’urgence et de leur vulnérabilité.
- L’Annexe II : liste des espèces qui, bien que n’étant pas nécessairement menacées actuellement d’extinction, pourraient le devenir si le commerce de leurs spécimens n’était pas étroitement contrôlé.

La CITES compte actuellement 185 pays membres – représentant la majorité des gouvernements du monde – dont la France, les Etats-Unis, le Japon, le Brésil, la Russie, la Roumanie, Israël, la Nouvelle-Zélande, la Chine, etc. qui ont accepté de se conformer aux décisions prises lors des réunions de la CITES.
Les gouvernements sont légalement tenus de mettre en œuvre les articles de la Convention, et tout manquement à cette obligation peut entraîner des sanctions, qui prennent généralement la forme d’interdictions commerciales sur les espèces inscrites à la CITES.
Les enjeux
La CITES détermine ce qui peut ou ne peut pas franchir les frontières nationales à des fins commerciales, et prends d’autres décisions essentielles concernant environ 38 000 espèces actuellement inscrites dans ses annexes. Parmi ces espèces figurent les tigres, les girafes, les rhinocéros, les pangolins, les lions, les guépards, le requin baleine, les iguanes marins, les éléphants, etc.
Le commerce des espèces sauvages représente des milliards de dollars et concerne des centaines de millions de végétaux et d’animaux. Cela inclut les animaux vivants, mais aussi les parties et produits dérivés tels que les produits alimentaires, les articles en cuir exotique, les objets d’artisanat, et les médicaments dits « traditionnels ».
Par exemple, le pangolin qui est très prisé en Chine pour ses vertus (supposées) en médecine traditionnelle et qui est le mammifère le plus braconné au monde ! Il est classé à l’Annexe I de la Cites depuis 2016.
En raison des effets du commerce international d’espèces sauvages sur leur conservation et leur bien-être, une réglementation stricte de ce commerce est nécessaire.
La Convention joue donc un rôle essentiel dans les efforts visant à assurer la survie de milliers d’espèces menacées d’extinction.
Face à la menace croissante que représente ce commerce des espèces sauvages pour les espèces du monde entier, la CITES doit faire plus et peut faire plus.
Focus sur les sujets de la Cop20
51 propositions doivent être examinées, propositions qui auront un impact sur plus de 200 espèces animales, les inscrivant pour la première fois dans les annexes, modifiant leur inscription d’une annexe à une autre ou amendant leur inscription dans une annexe.
Parmi ces 51 propositions on trouve des propositions concernant :
- des mammifères tels que les éléphants (par exemple la proposition de la Namibie de permettre la commercialisation de stocks d’ivoire brut, à laquelle la FBB s’oppose car cela favoriserait la relance du braconnage pour l’ivoire), les rhinocéros, les girafes (proposition de la Namibie et de l’Afrique du Sud notamment, de supprimer les girafes de huit pays africains de l’Annexe II, la FBB s’y oppose), mais nous soutenons des propositions telles que celles portant sur les gazelles dorcas (inscription A.II), les Okapis (inscription A.I), hyènes rayées (inscription A.I), etc.
- des espèces marines telles que les requins, les anguilles et les concombres de mer
- des reptiles tels que les vipères et les geckos, ainsi que des grenouilles
- mais aussi des arbres tels que le bois de pernambouc du Brésil qui sert à fabriquer les archets pour instruments de musique et qui est victime du commerce illégal à grande échelle. Il est listé à l’Annexe II mais nous soutenons son transfert à l’Annexe I.
En outre, quelque 146 documents de travail seront examinés et porteront sur diverses questions liées aux espèces déjà inscrites aux annexes, à la manière dont les règles de la Convention sont mises en œuvre, la question de savoir si certains pays devraient être sanctionnés pour ne pas les avoir appliquées, mais aussi des points stratégiques sur le rôle que la CITES devrait tenir dans la réduction du risque de futures pandémies en lien avec la commercialisation d’animaux sauvages.
Enfin, un sujet particulièrement sensible cette année est l’affaire du zoo privé Vantara, en Inde.
Le premier jour de la COP20, le 23/11, le comité permanent de la CITES a retiré la recommandation de son Secrétariat, visant à suspendre temporairement le commerce d’espèces menacées vers l’Inde, après avoir échoué à obtenir un soutien suffisant de la part des Parties.
Plusieurs Parties, (États-Unis, Brésil, Indonésie, Koweït, etc.) ont déclaré que cette recommandation était « prématurée », tandis que d’autres Parties étaient en faveur de la recommandation : la Belgique, l’Union européenne, le Royaume-Uni et la Suisse, qui ont appelé à une plus grande diligence et ont mis en garde contre la suppression de la recommandation.
En effet, le Secrétariat de la CITES avait recommandé à l’Inde de suspendre l’importation d’espèces menacées d’extinction (inscrites à l’annexe I) jusqu’à ce qu’elle révise ses mécanismes de diligence raisonnable.
Cette recommandation a été formulée après que le Secrétariat a constaté des incohérences de taille dans les importations d’animaux par l’Inde et ceci lors d’une visite en Inde en septembre (visite du Zoo de Vantara), ce qui a abouti à la rédaction d’un rapport par le Secrétariat.
Ce zoo possède environ 150 000 animaux et depuis 2022 plus de 45 000 animaux y ont été importés, dont des espèces menacées (des guépards, des chimpanzés et des orangs-outans), de manière douteuse. Ce zoo privé se présente comme « un centre de sauvetage et de réhabilitation » fondé par le très influent homme d’affaires indien Anant Ambani.
La visite du Secrétariat en Inde a été réalisée à la demande de plusieurs membres de la Convention qui avaient exprimé leurs inquiétudes quant au volume et à l’origine douteuse des animaux envoyés à Vantara.
Pourtant, lorsque la question a été examinée lors de la réunion du 23 novembre, la plupart des Parties au Comité permanent ont refusé de soutenir la recommandation de suspension temporaire du commerce avec l’Inde, ce qui a conduit à son retrait.
L’Inde devra probablement se conformer aux autres recommandations formulées par le Secrétariat dans son rapport. Il s’agit notamment de prendre contact avec les pays dont les permis d’exportation semblent douteux afin de vérifier leur validité.
Mais c’est une déception pour nous et pour toutes les ONG qui avions espéré un vote en faveur de véritables restrictions sur les importations d’espèces menacées en Inde et par ricochet des contrôles sur les activités de ce méga-zoo très controversé qui importe massivement des animaux, au risque de devenir moteur de braconnage et qui pose des questions sur le bien-être des animaux détenus…
Rien ne semble pouvoir arrêter le milliardaire indien, pas même l’enquête de la Cour suprême indienne, qui avait innocenté ce zoo en septembre dernier, considérant que la législation était respectée !
Fait rare, les médias français se sont intéressés au sujet ! Adriana Oancea-Negro, directrice des affaires publiques et internationales de la Fondation Brigitte Bardot, était l’invitée de BFM TV pour évoquer pendant une quinzaine de minutes les enjeux de cette conférence. Découvrez-en un extrait ci-dessous :