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CORRIDA ET COMBAT DE COQS : LA TORTURE EN SPECTACLE

Il suffit de faire l’inventaire des sévices infligés aux taureaux de combat pour constater que la corrida est un acte de cruauté sur un animal, de même que les terribles mutilations subies par les coqs dressés pour se battre.

Pourtant, par dérogation à l’article 521-1 du code pénal, qui punit tout acte de cruauté envers un animal de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende, corridas et combats de coqs bénéficient d’une totale impunité lorsqu’une coutume ancienne peut être invoquée.

La Fondation Brigitte Bardot demande la suppression de la dérogation à la loi dont bénéficient ces pratiques barbares, qui révoltent une très grande majorité de Français.   

« La corrida, c'est la torture d'un animal en public, une boucherie à ciel ouvert, un spectacle de sang et de mort. »

1977 Canada Brigitte Bardot bébés phoques
Brigitte Bardot
Présidente de la FBB

AOÛt 2019 : LE MINISTRE DE L'AGRICULTURE ASSISTE À une corrida

Indignation nationale le 15 août 2019, lorsqu’est dévoilée la participation en tant que spectateur de Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture en charge du bien-être animal, à une corrida sanglante avec 6 taureaux mis à mort ! 

La réaction de la Fondation Brigitte Bardot est immédiate : notre porte-parole s’exprime dans de nombreux médias, tandis que Brigitte Bardot adresse une lettre ouverte à Edouard Philippe, Premier Ministre (pdf), pour demander la création d’un ministère de la Condition animale.

« Le ministre de l'Agriculture représente les Français, il est totalement indigne de sa part d'aller assister à un spectacle où six taureaux sont torturés à mort. »

Fondation Brigitte Bardot Christophe Marie porte-parole
Christophe Marie
Porte-parole de la FBB

LA FRANCE AUTORISE LA TORTURE PUBLIQUE D'un ANIMAL !

Après avoir été illégaux en France pendant un siècle (1850-1950), les corridas et combats de coqs ont bénéficié d’une dérogation à l’article 521-1 du code pénal qui punit de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende « le fait, publiquement ou non, d’exercer des sévices graves, ou de nature sexuelle, ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité ».

Cette dérogation inacceptable permet la torture et la mise à mort publiques d’un taureau sous prétexte de coutume.

 Elle a pour forme le septième alinéa à l’article de loi : 

« Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée. Elles ne sont pas non plus applicables aux combats de coqs dans les localités où une tradition ininterrompue peut être établie. »

Ces quelques lignes  permettent à plusieurs départements du Midi de la France de produire des spectacles de torture animale en toute légalité : Aude, Bouches-du-Rhône, Gard, Gers, Gironde, Hérault, Landes, Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées, Pyrénées-Orientales…

fondation brigitte bardot corrida tauromachie

L’existence d’une tradition et de son caractère tels que prévus par cet alinéa reste à l’appréciation des juges. Par exemple, le terme de « local » répond pour certains juges non pas à une circonscription administrative donnée, mais à un ensemble démographique ayant une communauté de coutumes, ce qui est la porte ouverte à l’expansion de cette pratique inacceptable.

Cette appréciation a ainsi permis à la ville de Floirac, en Gironde (33), d’organiser des corridas en 1988, alors que depuis 1962 aucune commune limitrophe de Bordeaux n’en avait autorisée. La plupart du temps, la justice française déboute les anti-corridas de leurs plaintes, par exemple en 2003, 2006 et 2007.

LA CORRIDA : UN SPECTACLE DE TORTURE ET D'AGONIE

Spectacle de barbarie sanglante auquel assistent même des enfants, la corrida fait de la torture et de la mise à mort d’un animal un divertissement sous prétexte de tradition culturelle. Pourtant, les sévices infligés au taureau relèvent de la pire cruauté. Cette atrocité se déroule en 3 actes :

Premier tercio

Les picadors font leur entrée. Il s’agit de piques destinées à sectionner ou cisailler les muscles releveurs de la tête du taureau. Outre la souffrance endurée, celui-ci perd alors tous ses repères, ce qui le rend d’autant plus vulnérable.

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Deuxième tercio

Cette étape barbare met en scène les banderillos, des bâtons d’environ 80 cm de long, terminés par un harpon de 4 cm de long, plantées dans la masse musculaire proéminente située à la base du cou du taureau.

Ils déclenchent des hémorragies internes accrues par les déplacements brusques et saccadés du taureau, stimulé par le jeu de cape du torero. Les nerfs sont eux aussi atteints, portant la douleur à son paroxysme.

Troisième tercio

La mise à mort commence par l’estocade, où l’épée est plongée au niveau du sommet de l’omoplate droite pour atteindre la cage thoracique.

Après l’estocade, le coup de grâce est donné par un poignard à lame courte et large, planté entre la base du crâne et le début de la colonne vertébrale pour détruire le cervelet et le début de la moelle épinière.

Le temps imparti au torero ou matador (« tueur » en espagnol) pour tuer le taureau est d’un quart d’heure. Si il ne réussit pas à l’achever dans ce délai, l’animal est conduit au toril où il est abattu. En trophées, le torero recevra les oreilles coupées, voire la queue du taureau massacré.

La torture inscrite au patrimoine cuturel français ?

Le 22 avril 2011, il est révélé que le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a inscrit la tauromachie à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel de la France. Cette procédure vise, à terme, à voir la corrida classée au patrimoine immatériel de l’UNESCO !

Dans l’opacité la plus totale, ce classement a été réalisé par une commission du ministère de la Culture pilotée par un aficionado de la corrida, directeur général des Patrimoines et membre fondateur de l’Observatoire National des Cultures Taurines (ONCT).

Dès le lendemain, la Fondation Brigitte Bardot intervient aux Journaux Télévisés de France 3 et TF1 pour dénoncer cette décision glorifiant un acte de cruauté, qui ne relève pas de la culture, mais bien de la torture animale. 

Le 25 avril, Brigitte Bardot adresse une lettre ouverte à Frédéric Mitterrand, « ministre de l’Inculture », et déclare « Vous venez de faire la plus grosse connerie de votre vie ! ». « J’ai le plus grand respect pour les combats de Brigitte Bardot » répondra le ministre de la Culture. Ce respect, le ministre le confirmera par une lettre adressée à notre présidente et un appel téléphonique à la Madrague au cours duquel ils s’entendront sur le fait que la corrida ne fait nullement partie du patrimoine « culturel » des Français.

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Le 2 mai, à l’initiative de l’Alliance Anticorrida, une lettre ouverte est publiée en pleine page du Parisien, signée par 7 organisations de protection animale, dont la Fondation Brigitte Bardot. Cet appel au ministre de la Culture Frédéric Miterrand demande l’annulation de cette scandaleuse inscription, orchestrée par des partisans de l’activité tauromachique.

Saisi par les associations Comité Radicalement Anti-Corrida (CRAC Europe) et Droit des animaux, le Conseil Constitutionnel répond, le vendredi 21 septembre, à une Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC) sur la conformité de la dérogation autorisant les corridas lorsqu’une « tradition locale » peut être invoquée. Il s’agit en fait d’une non-réponse, les « sages » ayant préféré botter en touche face aux pressions exercées, par la classe politique notamment, en concluant : « La première phrase du septième alinéa de l’article 521-1 du code pénal est conforme à la Constitution ».

En juin 2015, la Cour administrative d’appel de Paris rend un non lieu : « La décision d’inscription de la corrida à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel de la France doit être regardée comme ayant été abrogée ».  La mention de la corrida à l’inventaire et la fiche y afférent ayant purement et simplement disparu du site du ministère…

Il s’en est fallu de peu que cette exhibition de la torture d’un animal entre au patrimoine culturel de notre pays !

« 74 % des Français sont favorables à la suppression des corridas avec mise à mort des taureaux en France. »

Les Français et la corrida - Novembre 2018
Sondage IFOP pour la Fondation Brigitte Bardot

lA GRANDE MAJORITÉ DES françAIS OPPOSÉE À LA CORRIDA

L’immense majorité des Français n’admet pas que la corrida, interdite au niveau national, puisse bénéficier d’une dérogation dans quelques départements par simple respect de la tradition.

Selon un sondage réalisé par l’IFOP pour la Fondation Brigitte Bardot publié en novembre 2018, 95 % de nos concitoyens estime que tout acte de cruauté commis envers un animal doit être condamné sur l’ensemble du territoire français.

80 % des Français estiment que le supplice et la mise à mort d’un animal ne peuvent plus être considérés comme un spectacle en 2018 en France.

De même, 74 % sont favorables à l’interdiction de la mise à mort de taureaux dans les corridas

« Les combats de coqs et les corridas relèvent d’actes de cruauté et de sévices graves sur animaux. La loi devrait pouvoir s’appliquer partout de la même manière sans dérogation. »

Fondation Brigitte Bardot Christophe Marie porte-parole
Christophe Marie
Porte-parole de la FBB

Combat de coqs : MUTILATIONS ET MORT

On compterait actuellement dans le Nord et le Pas-de-Calais une vingtaine de gallodromes (enclos où sont organisés les affrontements) organisant 9 000 combats par an. Les Antilles et la Réunion pratiquent également, à un niveau plus élevé, les combats de coqs.

Les coqs de combat sont élevés en groupe à la naissance, puis enfermés dans des cages individuelles pour les rendre agressifs. L’isolement modifie la perception de leur espace vital et met fin à leurs rituels de communication.

fondation bardot combat de coqs

Puis on leur coupe la crête et les ergots, qui sont remplacés par un aiguillon tranchant pouvant atteindre 5 cm. 

Pour le combat, les éleveurs mettent les coqs face à face, les agitant pour les énerver, puis les lâchent dans le gallodrome sous les lumières vives et les cris des parieurs, ce qui met les animaux dans un état de stress ultime. 

Les combats durent en moyenne 6 minutes et aboutissent le plus souvent à la mort de l’animal, la plupart engendrant de graves blessures.

Interdits en Belgique, les combats de coqs bénéficient en France d’une dérogation dans les « localités » où une tradition ininterrompue peut être établie. La dérogation prévue pour les corridas est beaucoup plus imprécise, puisqu’elle s’applique lorsqu’une tradition « locale » ininterrompue peut être invoquée.

La jurisprudence ne délimite pas géographiquement la « tradition locale », ce qui explique la persistance des corridas sur le territoire français, alors qu’une « localité » est géographiquement délimitée. 

NOS ACTIONS POUR INTERDIRE LES COMBATS D'ANIMAUX

La Fondation Brigitte Bardot agit sur plusieurs plans pour faire interdire les corridas et les combats de coqs sur l’ensemble du territoire français :

  • communication dans les médias,

  • actions pacifiques de terrain,

  • actions en justice,

  • soutien des parlementaires anti-corrida,

  • collaboration avec les eurodéputés hostiles aux subventions européennes à la tauromachie.

Crédits Photos : ShutterStock/Stan de Haas Photography, Animaux en Péril, CreativeCommons/mopictures, CreativeCommons-°]°, Pixabay/Toàn Nguyễn.

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