Pas de municipales sans bien-être animal !
La Fondation Brigitte Bardot souhaite que la question du bien-être animal soit réellement présente dans le programme des candidats aux élections municipales des 15 et 22 mars 2026, avec de véritables mesures en faveur des animaux.
En effet, ces élections doivent aussi permettre de renforcer la protection des animaux, améliorer leur quotidien et leur place au sein des communes. Les animaux cohabitent avec les humains, sont des membres de la famille et l’attente des Français sur le sujet est forte.
Retrouvez en vidéo toutes nos propositions.
Nous interpellons donc l’ensemble des candidats pour que leur ville soit plus respectueuse de la vie animale. Voici donc nos 11 recommandations :
1. Création d’une délégation municipale dédiée à la condition animale
Cette délégation dédiée au bien-être animal serait confiée à un adjoint ou un conseiller municipal et serait dotée d’un budget et de moyens, pour piloter une action publique ambitieuse et cohérente.
De trop nombreuses communes n’ont pas encore mis en place de politique dédiée à la protection et au bien-être des animaux, avec des moyens pour réaliser des actions concrètes et pérennes. Cela permettrait de mettre en œuvre des politiques municipales ayant un impact positif pour les animaux domestiques et sauvages.
2. Former la police municipale à la protection animale
Cela implique de former et de sensibiliser les agents aux notions élémentaires du droit animalier et pourquoi pas nommer un référent bien-être animal au sein de la brigade.
Dans les communes disposant d’une police municipale, les agents doivent être sensibilisés à la maltraitance animale et au trafic d’espèces protégées, afin de signaler efficacement toute infraction, de contrôler les conditions de détention des animaux et d’accompagner les associations lors de leurs interventions. Un agent référent protection animale peut être nommé pour informer les équipes et mener des actions de prévention auprès du public.
Afin de les aider dans leurs missions, ils sont autant que possible équipés de lecteurs de puce et échangent de manière régulière avec leurs homologues de la police nationale et du Parquet.
La municipalité doit également garantir aux chiens de la brigade des conditions de travail et de détention respectueuses de leur bien-être, et porter une attention particulière à leur placement à la retraite.
3. Intégrer des critères de bien-être animal dans les décisions municipales
Agir pour le bien-être animal en tant que maire, c’est le prendre en compte au sein même des décisions municipales. L’adoption d’un vœu ou d’une délibération en Conseil municipal, ou la prise d’un arrêté municipal sont autant de signaux que peut envoyer un élu en faveur d’une meilleure considération de l’animal et de son respect au niveau communal.
Il convient également d’intégrer des critères éthiques dans la commande publique. Le bien-être animal devrait être un critère central pour tout achat ou financement des municipalités. Celles-ci peuvent impulser des pratiques plus éthiques en renforçant les exigences de leurs contrats : abandon des méthodes de dératisation douloureuses, respect des conditions de vie des chiens assurant la sécurité municipale, refus d’acheter des produits testés sur les animaux ou issus d’élevages intensifs, bannir le foie gras des réceptions données en mairie. Ainsi, la municipalité devient un acteur concret de changement, favorisant un modèle plus respectueux des animaux et de l’environnement.
Développer une restauration collective respectueuse du bien-être animal et de la santé humaine, en proposant des alternatives végétariennes quotidiennes et bannir les produits issus de l’élevage intensif. Dans les écoles, les réunions de la mairie ou autres événements de la vie de la municipalité, prévoir des options végétariennes.
Pas de soutien aux spectacles et activités incompatibles avec le bien-être animal !
Refuser l’installation ou le financement de spectacles, événements et établissements incompatibles avec le bien-être animal. A titre d’exemple : les salons du chiot, qui encouragent les achats « coup de cœur » et qui participent à la hausse des abandons ou bien les spectacles avec animaux.
L’engagement éthique de la commune peut se traduire non seulement par l’absence de soutien financier à ces activités, mais aussi par le refus de mettre à disposition des infrastructures, de délivrer des autorisations ou de les promouvoir auprès du public.
Avec l’entrée en vigueur de l’interdiction instaurée par la loi du 30 novembre 2021 (qui aura lieu le 1er décembre 2028) relative aux cirques itinérants avec animaux sauvages, il faudra être particulièrement vigilant et s’assurer que la loi est bien respectée.
4. Lutter contre les abandons et promouvoir l’adoption responsable
Mener des campagnes de prévention et soutenir les refuges et associations locales.
A travers des actions de communication et d’information : publication dans la revue de la ville, réunions publiques, journée « adoption responsable » ou toute autre action visant à promouvoir l’adoption réfléchie (aides financières aux refuges).
5. Protéger les animaux errants et participer aux campagnes de stérilisation.
Déployer et participer au financement des campagnes de stérilisation pour une gestion encadrée des chats libres et une fourrière respectueuse de la vie animale.
La commune mettra en place une politique de stérilisation des chats libres et assurera la capture et la garde des animaux trouvés errants, tout en respectant la vie animale. Les campagnes de stérilisation disposeront d’un budget dédié et d’une logistique encadrée, accompagnées d’actions de sensibilisation auprès de la population. La commune pourra également se rapprocher des associations de protection animales nationales ou locales et cliniques vétérinaires de son territoire et passer des conventions avec celles-ci afin de l’aider dans son action.
Enfin, le service de fourrière recherchera systématiquement des solutions de placement pour les animaux en fin de délai de garde (8 jours) et n’aura recours à l’euthanasie qu’en cas de nécessité absolue liée à la santé de l’animal. Il conviendra également de mettre en place des contrôles réguliers des fourrières et procéder à la mise aux normes en cas d’irrégularités constatées.
6. Faciliter l’accès aux soins vétérinaires et à la stérilisation
Mettre en place des aides ciblées pour les foyers les plus modestes afin de prévenir les abandons (stérilisation, vaccination et soins vitaux).
De nombreux abandons ont pour cause l’impossibilité de certains propriétaires à financer la stérilisation de leur animal ou les soins vétérinaires essentiels à leur compagnon. Au cas par cas, des solutions doivent être envisagées pour pallier les difficultés et éviter un abandon en refuge ou un abandon « sauvage ».
La commune pourrait, par exemple, passer une convention avec l’association Vétérinaire pour Tous afin d’organiser des consultations à prix réduits à destination des administrés en situation précaire.
7. Mettre en place des actions de sensibilisation à l’éthique et au bien-être animal, ce qui va de pair avec la mise en place de mesures à même d’assurer un partage équilibré de l’espace public
Sensibiliser en organisant des actions pédagogiques en lien avec les associations. Des journées dédiées à l’animal en ville et à l’éthique animale, sous forme d’expositions, mini-conférences, kermesses et lieux d’échanges, pour les jeunes et les moins jeunes. Ces actions peuvent encourager le bénévolat dans les refuges ou associations et l’engagement citoyen, mais aussi développer la médiation et la cohabitation humain/animal : actions de prévention sur les nuisances, accompagnement des propriétaires et solutions non conflictuelles pour une vie collective plus apaisée.
Dans cette même optique, la commune pourrait rédiger un guide de « L’animal en ville » qui comporterait notamment tout un volet dédié aux droits de l’animal, aux devoirs de son propriétaire et à la législation en vigueur (ex : sanctions en cas d’abandon, les obligations liées à la détention d’un chien dit catégorisé…).
La municipalité pourra aussi mettre à disposition de ses administrés une carte « Mon animal est seul chez moi » afin qu’aucun animal ne se retrouve seul et donc sans soin en cas d’absence imprévue de son propriétaire (accident, hospitalisation…). La carte comportera un contact d’urgence capable de le prendre en charge. Agir pour le respect du bien-être animal, c’est aussi anticiper les imprévus !
Enfin, un maire doit veiller à ce que l’espace public de son territoire soit apaisé et accueillant pour tous. Il n’est pas rare que des tensions surviennent entre les propriétaires d’animaux et les personnes qui n’en n’ont pas. Il convient donc qu’il adapte sa politique municipale afin d’assurer un partage équilibré de l’espace public.
Il pourra, par exemple, inviter les commerçants locaux à accepter l’accueil des animaux au sein de leur structure (ex : création d’un autocollant « Commerce petfriendly » à coller sur la vitrine).
Cet accueil dans les commerces est particulièrement important au regard de la recrudescence des vols de chiens. Il est vivement conseillé de sensibiliser les commerçants à ce phénomène et à les inviter à prendre des mesures afin de garantir la sécurité de l’animal et la tranquillité de son propriétaire.
Enfin, la commune favorise et encourage le fait d’autoriser l’accueil des animaux en EHPAD, centres de soins et structures pour personnes sans domicile fixe.
8. Aménager davantage de parcs canins ou de plages pour chiens mais aussi des aménagements pour les chats « libres
Créer des parcs canins adaptés et sécurisés et améliorer les équipements favorisant la cohabitation dans l’espace public.
Créer ces espaces de liberté pour permettre aux chiens de satisfaire leurs besoins naturels (course, jeux, interactions congénères etc.) tout en favorisant la cohabitation avec les riverains.
Pour l’aider dans le choix de la localisation de ces lieux, le maire est invité à consulter, pour recueillir leur avis, les associations de protection animale locales.
Prévoir des espaces/abris aménagés pour chats (eau, nourriture…) dans les lieux publics où ces derniers sont recensés (lieux de nourrissages), stérilisés et identifiés en en collaboration avec les associations et/ou nourrisseuses de terrain.
9. Instaurer des jours sans chasse
Encourager la mise en place de jours sans chasse (mercredi et/ou dimanche).
Selon les derniers chiffres de l’OFB[1], la saison de chasse 2024-2025 est caractérisée par une augmentation significative du nombre d’incidents (+ 31 % par rapport à la saison passée).
La catégorie « incident » inclut notamment les habitations, les véhicules ou les animaux domestiques touchés lors de la chasse.
Ces chiffres confirment le sentiment d’insécurité des français en période de chasse.
Notre sondage réalisé par l’Ifop en mars 2025, révélait que 62% des Français ne se sentent pas en sécurité lorsqu’ils se promènent dans la nature en période de chasse, parmi eux 71% sont des femmes et 59% sont issus d’une commune rurale.
Comme le révélait également le sondage précité, 82 % des Français sont favorables à ce que le dimanche devienne un jour non chassé.
Il est donc important de favoriser des jours sans chasse, dans toutes les communes, car en France la chasse est autorisée sept jours sur sept, un cas unique en Europe (même si certaines communes ont déjà mis en place des jours sans chasse, il n’y a pas d’uniformité nationale).
[1] chiffres extraits du bilan de l’accidentologie à la chasse dressé par l’Office français de la biodiversité (OFB) en juillet 2024
10. Soutenir les centres de soins pour la faune sauvage
Accompagner financièrement et logistiquement ces acteurs essentiels de la biodiversité locale.
Les centres de soins accueillent et soignent les animaux sauvages en détresse pour les relâcher dans la nature. Eux seuls sont autorisés à les détenir temporairement, les cliniques vétérinaires ne pouvant assurer que les premiers secours, et les particuliers ne pouvant intervenir que pour les y conduire. Ces établissements jouent un rôle essentiel dans la protection de la biodiversité et remplissent une mission de service public, qui doit être soutenue par la municipalité avec un budget stable et suffisant pour répondre aux besoins locaux.
11. Privilégier une gestion éthique des animaux liminaires tels que rats, pigeons ou corneilles
Remplacer les méthodes cruelles par des solutions préventives, écologiques et durables s’agissant des animaux liminaires (rats, pigeons, corneilles…).
C’est le Maire qui définit la politique municipale pour limiter la prolifération des animaux liminaires. La priorité doit être donnée aux actions préventives : maintenir la propreté, installer des poubelles sécurisées et sensibiliser les habitants. Si une régulation est nécessaire, la ville privilégie des méthodes non létales, comme la stérilisation, les pigeonniers contraceptifs ou les répulsifs.
Résumé des 11 recommandations
- Création d’une délégation municipale dédiée à la condition animale.
- Former et sensibiliser la police municipale à la protection animale.
- Intégrer des critères de bien-être animal dans les décisions municipales.
- Restauration collective plus respectueuse des animaux
- Pas de soutien à des activités incompatibles avec le bien-être animal (telles que les salons du chiot et les cirques avec animaux).
- Lutter contre les abandons et promouvoir l’adoption responsable.
- Protéger les animaux errants et participer aux campagnes de stérilisation.
- Faciliter l’accès aux soins vétérinaires pour les foyers les plus modestes.
- Mettre en place des actions de sensibilisation à l’éthique et au bien-être animal, ce qui va de pair avec la mise en place de mesures à même d’assurer un partage équilibré de l’espace public :
- actions pédagogiques en lien avec les associations de protection animale
- guide de l’animal en ville
- carte « mon animal est seul chez moi »
- commerces « pet friendly » / vols de chiens
- faciliter l’accueil des animaux en Ehpad et dans les structures pour les personnes sans domicile fixe
- Aménager davantage de parcs canins ou de plages pour chiens mais aussi d’aménagements pour les chats « libres ».
- Instaurer des jours sans chasse.
- Privilégier une gestion éthique des animaux liminaires tels que rats, pigeons ou corneilles.
- Soutenir les centres de soins pour la faune sauvage.