Fondation Brigitte Bardot CITES 2019 sauvegarde animaux sauvages

Conférence mondiale de la vie sauvage : des avancées pour les animaux !

Pour promouvoir la sauvegarde des espèces animales sauvages menacées d’extinction, la Fondation Brigitte Bardot a participé activement aux débats de la 18ème Conférence des Parties de la CITES, du 17 au 28 août 2019, à Genève.

Un bilan plutôt positif pour cette Convention sur le commerce international des espèces sauvages menacées d’extinction (CITES), marquée par la forte mobilisation de la FBB et de plusieurs ONG.

LA CONSERVATION DES ESPÈces avant la commercialisation

En tant qu’ONG ayant participé à toutes les conférences CITES depuis la CoP11 (Kenya, avril 2000), la Fondation Brigitte Bardot témoigne que celle-ci restera marquée par un changement d’approche.

L’objet premier de cette Convention internationale est de gérer les espèces végétales et animales menacées pour permettre la poursuite de leur commerce, mais à Genève nous avons le sentiment que la conservation des espèces a pris le pas sur leur commercialisation, ce qui est très positif. 

L’interdiction des captures d’éléphanteaux, hors conditions exceptionnelles pour la protection d’individus, illustre ce changement profond. 

LES ÉLÉPHANTS D'AFRIQUE MIEUX PROTÉGÉS

Entre 1990 et 2015, au moins 1 774 éléphants d’Afrique sauvages ont été capturés et exportés au niveau international, principalement vers des États non-africains, destinés à une vie en captivité. Depuis 2012, la Chine a importé plus de 100 éléphants du Zimbabwe.

Un étape historique a donc été franchie à la CITES 2019 avec le vote d’une mesure permettant d’interdire la capture d’éléphants sauvages d’Afrique afin qu’ils soient vendus à des zoos et des cirques situés en dehors de leur aire de répartition. Vous pouvez lire à ce sujet notre communiqué de presse (pdf).

Fondation Brigitte Bardot CITES commerce international éléphants

L’Union Européenne, qui était contre, a du céder à la très forte mobilisation des ONG sur la CITES, renforcée par une lettre cosignée par Brigitte Bardot (pdf) et plusieurs autres personnalités. Les Etats-Unis et des pays d’Afrique australe (Zimbabwe, Botswana, Zambie…) s’y opposent toujours et veulent maintenir un commerce, hors Afrique, des éléphants condamnés à la captivité.

Il y a 30 ans, en Suisse (CoP7, Lausanne, 1989), les éléphants d’Afrique furent inscrits à l’Annexe I de la CITES pour assurer leur protection, lutter contre le braconnage et le commerce de l’ivoire. L’Annexe I comprend toutes les espèces menacées d’extinction, le commerce de leurs spécimens n’étant autorisé que dans des conditions exceptionnelles. Malheureusement, certaines populations de l’éléphant d’Afrique ont depuis été transférées en Annexe II afin de permettre à l’Afrique du Sud, au Botswana, à la Namibie et au Zimbabwe le commerce de cette espèce et de ses parties.

Lors de cette CoP18, nous avons évité le pire, notamment les propositions des pays d’Afrique australe, comme la demande de la Zambie de déclasser sa population d’éléphants de l’Annexe I à l’Annexe II pour ouvrir le commerce de l’ivoire ou encore celle de la Namibie de transférer le rhinocéros blanc en Annexe II pour permettre la chasse aux trophées !

Mais nous n’avons pas obtenu pour autant le retour de toutes les populations de l’éléphants d’Afrique à l’Annexe I. Statu quo donc, mais dans un monde qui n’est pas immobile, ce statu quo peut être considéré comme un recul alors qu’il est urgent de renforcer la protection d’espèces menacées, à l’image de l’éléphant, espèce emblématique s’il en est.

CITES-2019-FBB-animaux-sauvages-girafe

VICTOIRE POUR LA GIRAFE !

En introduisant la girafe à l’Annexe II, la CITES a voté la régulation du commerce de cette espèce emblématique de la faune africaine.

Il a été ainsi reconnu que le commerce de peau, de cornes, de sabots et d’os de girafe constituait une menace pour la survie de l’espèce.

Selon l’UICN, on compte aujourd’hui moins de 100 000 girafes d’Afrique à l’état sauvage.

LE RHINOCÉROS NOIR MOINS PROTÉGÉ

Triste nouvelle pour le rhinocéros noir ! La demande de l’Afrique du Sud pour augmenter son quota d’exportation de trophées issus de la chasse au rhinocéros noir a été validée et ceci avec le soutien honteux de l’UE.

Le pays pourra désormais exporter jusqu’à 9 trophées de chasse issu de cette espèce, le nombre de trophées étant calculé en pourcentage de la population totale sur l’année en cours…

Fondation Brigitte Bardot CITES 2019 rhinoceros noir chasse trophees

lÉopard et guÉpard : une surveillance renforcÉe

Sur la question des quotas de trophées de chasse issus du léopard, les ONG souhaitaient une réglementation plus contraignante pour les pays autorisant cette chasse, appuyées en cela par le Niger, le Tchad et Israël.

CITES-2019-FBB-animaux-sauvages-guepard-felins

Le groupe de travail autour de cette question a été perturbé par l’intervention virulente des chasseurs et nous étions en large infériorité pour mettre en avant les dangers que rencontre cette espèce menacée à cause du commerce.

Le résultat obtenu est donc plutôt positif au vu de la situation : les pays seront obligés de fournir leurs données commerciales dans un délai imparti, d’évaluer l’évolution de la population des espèces concernées et l’impact du trafic sur leur conservation.

Un compromis identique a également été trouvé pour renforcer la surveillance du commerce du lion d’Afrique.

une PROTECTION ACCRUE DES ESPÈCES MARINES

Cette CoP a été très positive également pour les espèces marines, qui étaient jusqu’à présent sous-représentées au sein de la CITES, alors qu’elles font l’objet des prélèvements les plus importants. 

Dix-huit espèces de raies et de requins et trois de concombres de mer auraient pu faire leur entrée à l’Annexe II de la CITES, mais les raies guitares de mer ont été retoquées, tandis que le requin-taupe y accède.

L’Annexe II comprend toutes les espèces qui, sans être menacées d’extinction, doivent bénéficier d’un commerce réglementé pour éviter une exploitation incompatible avec leur survie.

Le requin taupe-bleu et le petit requin-taupe sont péchés pour leurs ailerons et leur chair, tandis que la raie guitare et les raies de la famille Rhinidae sont recherchées pour leurs nageoires.

 

EN CONCLUSION

Il est évident que la perte des habitats, le réchauffement climatique, l’effondrement de la biodiversité isolent les pays qui veulent ajouter à ces menaces celle des captures et abattages pour le commerce d’espèces menacées.

Pour la Fondation Brigitte Bardot, cette CITES restera l’une des plus positives pour la préservation des espèces menacées, mais également vis-à-vis de la coopération avec la délégation française. 

Nous attendons cependant du gouvernement français qu’il prenne également, sur son territoire, des mesures de protection des espèces menacées victimes des chasses « traditionnelles », particulièrement cruelles. 

Et demandons que la France prenne aussi des mesures d’interdiction d’exploitation des animaux sauvages dans les cirques et autres zoos mouroirs afin de ne plus être la lanterne rouge de la protection animale en Europe.

Crédit Photos : Wikicommons/Axel Tschentscher, CreativeCommons/Fatakaya, Demouline, Charles J Sharp, José Antonio Gil Martínez, Ikiwaner

 

Fermer le menu
X