Fondation Brigitte Bardot CITES especes sauvages menacées

Conférence mondiale de la vie sauvage... Dernière chance avant l'extinction !

Du 17 au 28 août 2019, Genève accueille la CoP18 (Conférence des Parties) à la Convention sur le commerce international des espèces sauvages menacées d’extinction (CITES), qui doit marquer l’engagement ou non-engagement des États à défendre la biodiversité.

La guerre de l’ivoire !

Inscrit à l’Annexe I de la CITES il y a tout juste 30 ans (Lausanne, octobre 1989), rendant illicite le commerce international de l’ivoire, l’éléphant d’Afrique bénéficie d’un statut particulier.

Son aire de répartition s’étend sur 37 États (Afrique subsaharienne) mais 4 États* ont obtenu que leur population d’éléphants soit transférée à l’Annexe II (*Botswana, Namibie et Zimbabwe en 1997, Afrique du Sud en 2000) afin d’organiser la commercialisation des stocks d’ivoire.

À Genève, ces quatre pays proposent d’alléger encore les conditions de protection des éléphants sur leur territoire afin d’autoriser de nouvelles ventes provenant de stocks enregistrés. La difficulté est toujours la même, dès lors qu’on rouvre, même partiellement, le commerce légal de l’ivoire, tout l’ivoire braconné s’y engouffre… Cela encourage également d’autres pays à abaisser le niveau de protection de « leurs » éléphants, comme la Zambie qui présente une proposition visant à transférer sa population à l’Annexe II.

La Fondation Brigitte Bardot est totalement opposée à la proposition zambienne, comme elle est opposée à la proposition simplifiant le commerce international de l’ivoire provenant des stocks du Botswana, de la Namibie, du Zimbabwe et de l’Afrique du Sud. L’Union européenne et une large majorité de pays africains y sont également opposées et ne devraient donc soutenir aucune de ces propositions.

Coalition africaine pour sauver l’éléphant

Si quelques pays veulent rouvrir le commerce international de l’ivoire, d’autres s’y opposent fermement.

Ainsi, le Burkina Faso, la Côte d’ivoire, le Gabon, le Kenya, le Libéria, le Nigeria, la Syrie, le Soudan et le Togo proposent de transférer à l’Annexe I de la CITES les populations d’éléphants d’Afrique du Sud, du Botswana, de la Namibie et du Zimbabwe afin qu’il n’y ait plus deux niveaux de protection de l’espèce sur le continent.

Cette proposition, appuyée par les 32 pays membres de la Coalition pour l’éléphant d’Afrique qui constituent l’écrasante majorité des États de l’aire de répartition, ne devrait toutefois pas être soutenue par l’Union Européenne… même si la France, par la voix de Yann Wehrling, Ambassadeur délégué à l’Environnement, a dénoncé cette position.

Menace sur les girafes

Si l’espèce a disparu en Guinée, en Mauritanie, au Nigéria ou encore au Sénégal, la population est encore présente dans une vingtaine de pays africains mais classée comme « vulnérable » par l’UICN, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature.

Le Kenya, Mali, Niger, République centrafricaine, Sénégal et Tchad proposent l’inscription des girafes à l’Annexe II afin de mieux encadrer le commerce international (individus vivants ou produits issus de la chasse).

Le commerce porte essentiellement sur les os et les peaux, avec de nombreux trophées de chasse également, puisque en moyenne, rien que pour les États-Unis, 374 trophées sont importés chaque année !

Cette proposition est soutenue par les 32 pays d’Afrique membres de la Coalition pour l’éléphant, il y a urgence pour les girafes, dont le déclin de la population est de 36 à 40% en 30 ans (1985-2015).

Loutre d’Asie, rhinocéros blanc, fauvette, tortue étoilée… le grand troc !

À Genève, une cinquantaine de propositions seront débattues, mais la Fondation Brigitte Bardot, qui participe en tant qu’ONG française à la CITES depuis 2000 (CoP11 au Kenya), dénonce les combines et revirements constants des Parties qui se comportent, trop souvent, en « marchands de tapis », alors qu’ils ont le pouvoir (excessif) de protéger ou de condamner les espèces listées à la Convention.

Nous serons particulièrement attentifs également à la demande des États-Unis et de la Mongolie de transférer l’antilope Saïga de l’Annexe II à l’Annexe I, l’espèce – en danger critique d’extinction – étant en fort déclin (80 % en 10 ans !). 

Les mâles sont visés par la chasse et le braconnage, les cornes étant la cible principale, ce qui entraîne un fort déséquilibre mâles/femelles, accentuant d’autant l’effondrement de la reproduction, donc le déclin de la population.

L’UE pour une meilleure protection de la faune marine

Fondation Brigitte Bardot CITES especes sauvages menacées

Requin-taupe, raie, concombre de mer… l’Union européenne demande l’inscription de ces différentes espèces à l’Annexe II. 

Face à l’effondrement de la vie marine, les prises et le commerce non contrôlé, de plus en plus d’espèces aquatiques sont désormais inscrites à la CITES pour tenter d’établir une meilleure protection, même si les moyens de contrôle en mer sont globalement inopérants…

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Crédit photos : Freepik/ingram, U.S. Geological Survey, CreativeCommons/Bernard Dupont, CreativeCommons/Arturo de Frias Marques.

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